samedi 14 avril 2018

PAPA DE PAPIER , DE NADIA COSTE #JEUNESSE

Paru en janvier 2018
ISBN : 9782748524888
120 pages
Livre papier
Edition Ricochet - Collection Tempo 

Aujourd'hui est un bon jour pour Ayrton. Il a obtenu un 18 en arts plastiques, pour son dessin de chat au fusain. « Tu as un don ! » a écrit le professeur. Son ami Romain, excellent dans toutes les matières, n'a eu que 13 à son collage de pingouin - le prof a pensé que c'était un canard. Maintenant il faut rentrer à la maison, et c'est un moment difficile pour Ayrton. Son père, qui est au chômage, ne sort plus de chez eux. Il lui arrive d'avoir des mots très durs et injustes. Mais cette journée n'est décidément pas comme les autres. Un chat au pelage gris rayé, la queue noire au bout, exactement identique à celui de son dessin, a trouvé refuge sur le balcon d'Ayrton. Celui-ce se persuade que c'est son chat imaginaire qui a pris vie. Il décide de se dessiner un papa de papier. 


Papa de papier est un roman adressé à un public à partir de 10 ans. Ayrton est en 6e, il est un de ces élèves moyens, mais qui excelle dans une matière créative : l'Art Plastique (ce qui m'a rappelé que moi j'étais très mauvaise.. ou bien c'était la prof qui voulait des rendus trop abstraits.. allez savoir !) 

Lors de son dernier devoir, il réalise que le chat qu'il a dessiné prend forme! A partir de là, et suite à son imagination débordante et au commentaire encourageant de son professeur, il se met à espérer qu'il vient de découvrir son grand pouvoir qui impliquera de grandes responsabilités.

Sa vie familiale est chaotique depuis le licenciement de son père. Ce dernier est devenu maniaco-depressif, et a developpé toutes sortes de TOC. Cela passe évidemment par le ménage, et cette obsession vire au drame dès lors qu'Ayrton ou sa mère Séverine ne respecte pas l'une des nombreuses règles de Fabrice. 

C'est grâce au dessin que le jeune garçon  va trouver un échappatoire, qui leur permettra d'ailleurs de faire exploser la vérité au grand jour.

Non, ce qu'il lui faut, c'est un héros rien que pour lui. Quelqu'un qui s'interesserait à ses problèmes, qui saurait tenir tête à son père et qui lui montrerait ce que c'est d'être un vrai papa. Quelqu'un d'aimant, de gentil et d'attentionné. Quelqu'un qui le prendrait dans ses bras, le complimenterait quand il réussirait et l'encouragerait quand il aurait des difficultés. Qui ne le disputerait pas pour trois miettes, qui le laisserait poser ses affaires dans le couloir et qui ne désinfecterait pas chaque fois qu'il s'assiérait quelque part, comme s'il était contagieux. 

Ce récit très court peut être lu à de nombreux niveaux. Les collégiens qui le découvrent peuvent facilement s'identifier à Ayrton, ou à ses amis Lia et Romain. Ils peuvent reconnaître aussi leur entourage à travers les caractères de ces personnages. 

Severine m'a touché. J'ai eu beaucoup de peine pour elle, j'ai ressenti pourquoi elle était enlisée dans cette situation. Son amour pour son mari est toujours là mais jusqu'à quel niveau? Quand la personne qu'on aime sombre en pleine dépression et commence à dénigrer tout rapport, à devenir violent verbalement et physiquement, cela rend le quotidien ô combien difficile. 
Fabrice était révoltant, comment parler comme ça à son fils, ou comment traiter son épouse de cette façon? Et pourtant, cette vérité est encore bien trop actuelle. 
Quant à Ayrton, il m'a touché par son courage, son optimisme, la façon dont il aborde la vérité et dont il comprend sa mère.  J'ai été blessée pour lui, par les mots que son père lui a violemment balancé, par le fait qu'à cause de ses paroles, la confiance de cet enfant vacille, j'enrage à chaque fois que je vois des pères se comporter de la sorte, que l'enfant ait 5 ans ou 11 ans, le résultat est le même. La confiance en soi se fait au quotidien. Les enfants sont très réceptifs aux paroles des parents, leurs modèles....

Nadia Coste tente de montrer aux enfants en mal-être que rien n'est fatal, et qu'une aide peut être sollicitée, que ce soit via les professeurs, ou des voisins...
De plus, elle aborde de nombreux thèmes actuels à la fois difficiles comme le chômage, la violence conjugale et familiale, le développement de la confiance en soi et le passage à l'adolescence, mais elle fait également appel à des références culturelles et littéraires.. de quoi donner envie aux jeunes adolescents de découvrir, par exemple, la quête d'Ewilan ou Death Note ! 

J'espère que ce roman trouvera son public dans les milieux scolaires. Nadia Coste écrit aux jeunes adolescents de façon adulte, les met face à des problèmes du quotidien et leur insuffle de l'espoir et des solutions. 

Je remercie Nadia Coste pour sa confiance et l'envoi de ce service presse. 

jeudi 12 avril 2018

UN ECLAT DE GIVRE D'ESTELLE FAYE #SCIENCEFICTION

Paru en poche le 05/10/2017
#ISBN:978-2070469864
352 pages
livre numérique
Edition Folio SF

Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.

Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

En 2018, j'ai décidé de me mettre à jour dans tous les ouvrages (ou presque) d'Estelle Faye! C'est donc au tour d'un eclat de givre de passer entre mes mains!

Ce livre, j'en ai entendu parler maintes et maintes fois, notamment avec Elphrya qui a eu un coup de coeur absolu en le lisant à sa sortie! Mais je résistais à l'appel, lui expliquant que je voulais d'abord lire Porcelaine.. Finalement, je ne l'ai pas encore fait :)

Estelle écrit toujours sur des thèmes différents (la chute d'un empire avec les Seigneurs de Bohen, un conte chinois avec Porcelaine, une visite de la mythologie romaine avec la voie des oracles, ou encore du space opéra avec son roman Les nuages de Magellan qui sortira cette année).
J'avais envie de post apo, c'est pourquoi j'ai décidé de me diriger du côté de Givre!

Cela fait maintenant un mois que je l'ai lu, et avec ce recul, je dois dire que j'ai été très contente de ce voyage. Ce qui m'a le plus frappé dans ce roman, c'est l'ambiance et la ville de Paris revisitée! Je ne suis pas une fan de la capitale, mais je dois reconnaitre que j'ai eu envie de mieux la connaître pour encore plus facilement m'immerger dedans, même si les descriptions faites étaient très visuelles! J'imaginais à chaque fois la réaction d'Elphrya qui vit là bas et je pouvais encore mieux comprendre son enchantement à sa lecture!
"la zone humide du périphérique est infestée de moustiques, des nuages mouvants qui vrombissent au dessus des étangs, des bosquets de lys et de roseaux. Cà et là surnagent, tels des îlots de goudron strié de raies blanches, des restes de l'ancienne double quatre-voies, de la route du 20e siècle. [...] Il parait qu'autrefois, les hommes fonçaient sur le Périphérique plus vite que notre vieux métro."

Paris devient un personnage en lui même. La canicule frappe, c'est moite, et surtout Paris n'est plus du tout Paris. La fin  du monde a eu lieu, laissant une France dans un état vraiment loin de celui que l'on connaît. Tout a disparu à l'exception de quelques villes, et encore, tout a changé. Ainsi,on découvre que le périphérique est devenue une zone très humide, infestée de moustique et de dangers toxiques ; que certains endroits de Paris, connus du tourisme, sont cachés par la flore qui a repris ses droits (comme on peut le voir d'ailleurs sur la couverture) et qu'il faut être prudent puisque de nombreux lieux sont dorénavant minés...


J'ai vraiment aimé ressentir cette nouvelle capitale, et j'ai trouvé l'écriture d'Estelle Faye encore une fois soignée pour nous donner de nombreux petits détails.

Je m'appelle Chet. J'ai 23 ans, nous sommes le 6 Juillet 2267. Deuxième moitié du vingt-troisième siècle. Mon siècle.

L'histoire est écrite à la première personne et nous découvrons ce récit à travers le personnage de Chet. Androgyne et chanteur de jazz, on ne comprend qu'au bout de quelques pages que c'est un homme. Chet est solitaire, et survit dans cette jungle parisienne. Il cherche l'amour, et j'ai pu comprendre suite à une explication de la part d'Estelle (que je remercie pour nos échanges toujours intéressants pour moi) que le petit détail qui m'énervait ne faisait en fait que représenter un trait de caractère de Chet. En effet, pendant tout le roman, je m'agaçais en le voyant penser "ma sirène, mon pianiste, ma garçonne..." comme si les gens lui appartenaient. Or, c'est surtout un moyen de montrer qu'il s'accroche à un espoir fou, l'amour, et qu'il a besoin de gens autour de lui tout en conservant sa liberté. Chet est jazziste, et instruit. D'ailleurs ses parents ont décidé de lui donner ce prénom en mémoire de Chet Baker, un jazziste du 20e siècle. Estelle Faye glisse de nombreuses références musicales, que je n'ai personnellement pas saisi, n'étant pas une amatrice de ce style de musique. Chet est un homme libre, dans sa sexualité tout comme dans ses actions.

"Je sais déjà que je vais me réveiller en pleine canicule. Rien que cette pensée me déprime. Il parait qu'il y a une nouvelle drogue dans les rues, qui permet de résister à la chaleur.


Chet va devoir mener l'enquête sur une nouvelle drogue qui circule dans Panam : la Substance. C'est une réflexion très intéressante que nous livre Estelle, et qui pourrait totalement se réaliser ! Vu le réchauffement climatique, je ne serai pas surprise qu'un tel placebo soit crée un jour ou l'autre! Et avec cela, je me suis mise à me poser de nombreuses questions : si les consommateurs ne ressentent plus la canicule, ils vont mourir plus vite : insolation, déshydratation, etc etc! c'est assez flippant d'imaginer cela!

"Dans l'Enfer, si on est séparé, tu vas trouver Virgile. Un petit blond bouclé. Il habite la Maison du Gardien, au dessus de l'entrée principale des catas. Des catacombes."

A travers ses recherches, Chet va nous entraîner dans de nombreux sites parisiens, et nous allons croiser pas mal de monde. Celui qui m'a le plus marqué est probablement Virgile, qui gère l'entrée de l'Enfer. Et là, bim!! Même sans avoir lu l'oeuvre de Dante, on ne peut que penser à cette dernière "la divine comédie". Estelle Faye est loin d'être en reste concernant les références culturelles, et c'était vraiment agréable de voir comment elle les intégrait à son récit !

L'écriture est vraiment top, alors que dans les Seigneurs de Bohen elle prend le temps de détailler les actions, en faisant par là même des phrases plus longues, dans Givre, au contraire, les phrases sont très courtes, percutantes, suivent la musicalité du jazz et en même temps nous font ressentir l'urgence de la situation.

Et ce qui m'a aussi plu, tout comme dans Bohen ou encore la voie des oracles, c'est l'incursion de créatures surnaturelles; Je pense ici aux sirènes, qui sont pleines de mystères, on est complètement happé par elles tout en s'en méfiant comme de la peste!

Je pourrai encore vous parler d'autres éléments mais je ne voudrai pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce roman. Je vais donc m'arrêter ici pour ma chronique, en espérant, bien évidemment, vous avoir donné envie de le lire.



mercredi 11 avril 2018

LE DIEU OISEAU, d'AURELIE WELLENSTEIN #FANTASY


Paru le 29/03/2018
ISBN : 978-2-36740-582-7
332 pages
livre papier
Edition Scrinéo


Un récit psychologique sombre et violent sur le traumatisme, la résilience, la vengeance. Un roman initiatique magistral. 
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.
Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d’avenir est de participer à la compétition de « l’homme-oiseau », afin de renverser l’équilibre des pouvoirs en place et de se venger.
Qui du maître ou de l’esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l’île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Le roman le plus fort et le plus brutal d’Aurélie Wellenstein à ce jour.

Prenez votre souffle... Aurélie Wellenstein va vous tenir en apnée pendant plus de 300 pages!

Dès les premières pages, on est pris dans la frénésie de cette histoire. On suit l'histoire de Faolan, un homme devenu l'esclave du tyrannique Torok suite au massacre de sa famille dix ans auparavant...
On s'attache immédiatement à lui, qui rêve d'affronter son maître durant les prochaines sélections qui auront lieu dans quelques jours.
En quelques chapitres, on comprend le lien horrible qui relie Faolan à son maître. Torok est manipulateur, pervers, sans pitié, et rappelle à bien des égards le terrible Jeoffrey dans Game of Thrones (version télévisée, je n'ai pas lu la saga.)


Le roman s'étale sur quelques jours, et autant vous dire, il m'a été difficile de reprendre mon souffle, et de devoir poser le livre le temps de m'occuper de mon quotidien! Dès que j'avais un instant, je me plongeais dans ce récit car j'avais vraiment besoin de découvrir l'histoire de Faolan.


L'univers, est encore une fois, super bien décrit, avec une plume efficace et brutale, Aurélie Wellenstein nous immerge dans cet univers fantasy et nous entraîne à la découverte des différents clans, comme celui du bras de fer, de l'ours, de l'huitre ou de l'aigle, mais aussi sur cet île foisonnante et pleine de mystères.

Faolan va devoir affronter 9 concurrents, tous motivés par le pouvoir, la vengeance mais aussi par respect pour le Dieu Oiseau. Cette compétition remonte à 500 ans, et depuis, tous les 10 ans, se déroule un nouveau combat. C'est très sanglant, puisque le but de cette lutte est de gouverner sur le reste de leur pays pendant les 10 prochaines années, mais également de faire des sacrifices à leur Dieu, notamment au moment du banquet. On plonge en plein cannibalisme et certaines scènes font vraiment froid dans le dos. Aurélie écrit les actions avec brutalité, et cela fonctionne parfaitement sur le lecteur!


Tous comme les spectateurs des arènes, je me suis surprise à me trouver mal à l'aise, à vouloir savoir ce qui allait se passer, ces jeux de pouvoirs étant violents et malsains. et pourtant, je n'ai pu que rester vissée sur mon canapé pour découvrir la suite de son histoire!

"Le champion enfonça la lame de son poignard entre la cinquième et la sixième côte de son sacrifice. Le geste était précis, mainte et mainte fois répété en vue d'une exécution parfaite. Le sacrificateur ne devait pas abîmer le coeur : il lui faudrait ensuite l'extirper de la cage thoracique et le manger, encore palpitant, face à la foule."


Faolan est le personnage qui évolue le plus dans ce récit. Normal me direz-vous puisque c'est le personnage principal. Son psychologique est super bien développé. Tout au long des épreuves, on le voit combattre non seulement ses adversaires mais également la folie qui tente de d'emparer de lui. Après avoir vécu autant de traumatismes (et Aurélie ne prend pas des pincettes pour nous les décrire), on ne peut que comprendre son état mental. Et même si cela m'a fait peur plus d'une fois, même s'il a du prendre des décisions pas joyeuses, il ne pouvait en être autrement.

Et encore, j'imaginais une fin bien plus pessismiste.

Le Dieu Oiseau me fait penser à un conte cruel, les scènes sont très violentes et je n'ai pu m'empêcher de questionner Aurélie sur la qualité de ses rêves (^-^) J'ai aimé la façon dont elle nous fait prendre conscience du pouvoir de la religion, mais aussi la façon dont elle évoque le désespoir de certains combattants.

En bref, vous l'aurez compris, j'ai vraiment adoré ce récit qui m'a permis de m'éloigner quelques heures de mon quotidien!!

J'ai encore quelques romans d'elle dans ma bibliothèque, et je suis bien contente de les avoir sous la main pour pouvoir continuer d'explorer son écriture !

En attendant mon avis sur ses autres livres, vous pouvez toujours découvrir ce que j'ai pensé des loups chantants (bon concrètement, c'était l'un de mes plus beaux coups de coeur en 2016).


mardi 10 avril 2018

SIRIUS, de STEPHANE SERVANT #SCIENCEFICTION #PLIB2018

Paru en Août 2017
#ISBN:9782812614330
480 pages
Livre papier
Edition le rouergue / collection Epik

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever Kid. Entre leurs expéditions pour trouver de la nourriture et les leçons données au petit garçon, le temps s'écoule doucement... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Il leur faut maintenant survivre sur une terre stérile pleine de dangers. Stéphane Servant, avec tout son talent de conteur, nous plonge dans un univers post-apocalyptique aussi fascinant que vénéneux. Une lecture addictive ! 

Lorsque PikoBooks a parlé de ce roman dans ses instastories, j'ai immédiatement été intriguée par lui. Peu encline aux histoires post-apocalyptique, c'est l'écriture qui m'a donné envie de me plonger dans ce récit. Et dès les premières pages, en effet, j'ai été conquise par le style de Stéphane Servant. Sa plume est à la fois poétique, onirique, brute, et très agréable à lire.



A travers les personnages principaux de Kid et d'Avril, on découvre un monde en plein changement. La nature reprend ses droits, l'humanité s'éteint, la procréation se fait de moins en moins et à tous les niveaux : faune, flore, et humains. Que s'est il passé pour en arriver là? Stéphane Servant entraîne le lecteur à réfléchir à de nombreux thèmes telle que le traitement fait aux animaux, les réfugiés, les guerres, la pollution, ...

Mais le roman va beaucoup plus loin, les rencontres avec les personnages secondaires sont très percutantes, on ressent la solitude, le desespoir de ces personnes qui n'ont plus rien et sont contraints de vivre seuls. 
On prend en pleine figure l'importance d'aimer, que ce sentiment est vital à la survie de l'Homme et de l'Animal. C'est ce qui nous donne l'espoir. 

Kid est absolument attachant! Je l'ai aimé et il restera très longtemps dans ma mémoire. Ce petit garçon qui apprend à vivre dans un nouveau monde, avec l'aide d'Avril sa soeur adoptive. Il est plein de ressources, il comprend les choses mieux que quiconque. Un élément qui ressort souvent dans les avis est son langage. En effet, au début du roman, on voit que Kid parle normalement pour un garçon de son âge, mais très rapidement, on a l'impression qu'il "regresse". Pour ma part, j'ai trouvé cela complètement captivant. J'ai rapidement compris qu'il faisait communion avec les animaux, que son esprit primal prenait le dessus. Qu'il subtilisait les mots inutiles pour aller droit au but. Son langage extérieur semble "pauvre" et réduit, alors qu'on se rend compte que lors des passages omniscients, son langage mental est bien plus développé et compréhensif. 

L'auteur fait aussi une part belle aux animaux dans ce récit. Je n'ai aucune connaissance biblique, mais j'ai pourtant beaucoup pensé à l'Arche de Noé. Kid arrive à saisir et à communiquer avec différents animaux, tel qu'Esope, Un, Sirius ou Artos. C'est très beau et ca nous fait réflechir sur ce qui est essentiel. 

Quant à Avril, c'est un personnage complexe, auquel on s'attache aussi facilement. On comprend les différentes phases qu'elle a vécu au moment de l'apocalypse. Comment elle a pensé les choses, pourquoi elle a fait telle action, et pourquoi elle a regretté. C'est un personnage fort et courageux, qui ferait n'importe quoi pour préserver Kid.

Les personnages secondaires ne nous laissent pas non plus indifférents. A commencer par Madame Mô, cette femme bienveillante qui aide les enfants. Rosine m'a beaucoup fait de peine, mais m'a également fait peur. Je me suis demandée ce qu'elle serait prête à faire pour avoir la considération de Kid.... Le conteur est l'un des personnages les plus marquants également. Il se fie  à l'instinct de son âne, ne prend aucune décision et se laisse porter sur les chemins. Son histoire est difficile, il s'est forgé une carapace qu'il brisera au fil de l'histoire. Rafik, lui donne du souffle, tout en rappelant les conditions extrêmement difficiles des réfugiés. Enfin, l'un des personnages ambigus est Darius, une étoile noire. C'est le chef d'un groupuscule extrêmiste. A la fois violent, j'ai aussi ressenti en lui un desespoir, une chute lente de son mental face à ce que la nature impose. 
Chaque personnage est ambigü. En exploitant ainsi ses protagonistes, (et en réfléchissant à tous les thèmes abordés) on réalise rapidement que l'auteur ne prend pas ses jeunes lecteurs pour des idiots. Ce roman est classé en Young Adult, et il a de quoi amener à de nombreuses discussions, voire même une étude scolaire tellement il y a de choses à dire sur ce petit chef d'oeuvre! 

Je voulais aussi parler de la forme du livre : la couverture déjà est très apaisante je trouve, j'aime ces couleurs vert emeraude. La structure narrative est originale : on commence par le chapitre 70 pour revenir doucement au chapitre 0 puis repartir dans le bon sens. C'est très emblématique d'une renaissance et d'un nouveau monde, et cela met de l'espoir après avoir passé de nombreux passages difficiles. J'ai aussi trouvé le découpage des chapitres super bien faits! C'est la première fois que je m'attarde sur ce point mais cela m'a sauté aux yeux. Chaque fin de chapitre laisse sur l'envie d'en apprendre plus, et la disposition des pages est aussi bien placée...

En bref, vous l'aurez compris, c'est un IMMENSE COUP DE COEUR que j'ai eu pour ce roman! J'ai rarement été aussi emportée par les émotions, passant moi même des larmes au désespoir, à l'espoir, à l'union avec les animaux, à la peur du lendemain, mais aussi à l'envie de croire que tout n'est pas fini! 
J'ai pris énormément de temps à le lire, peut être plus d'un mois, car c'est le livre que je lisais à mon bébé pour sa sieste de l'après midi. Et je suis ravie d'avoir mis autant de temps car je sais qu'il restera longtemps ainsi dans ma mémoire. Et je le relirai très certainement un jour!

Stéphane Servant, je vous remercie d'avoir écrit un livre aussi engagé ! 

Consultez d'autres avis sur le site du plib.fr .




dimanche 8 avril 2018

QU'EST CE QUI FAIT PLEURER LES CROCODILES? de Lucie Castel #ROMANCE


Paru le 7 mars 2018
ISBN:978-2280387477
378 pages
Livre numérique
Edition Harlequin

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler d'une romance qui m'a particulièrement plu. Qu'est ce qui fait pleurer les crocodiles est sorti le 7 Mars chez Harlequin. J'ai obtenu ce roman via la plateforme Netgalley que je remercie au passage.





Dans cette romance, on rencontre Sofia, une monegasque envoyée à Oban en Ecosse pour se ressourcer. Délaissant sa galerie d'Art, elle décide de découvrir le pays Ecossais, particulièrement l'hôtel (de luxe) où elle loge.

Les premières lignes donnent le ton : Sofia se retrouve dans sa chambre, qu'elle partage apparemment avec un autre homme qui a pris ses aises. Ne vous méprenez pas, ce ne sera pas le prince charmant du livre comme j'ai pu le croire au début. Non non non, le mâle du roman s'appelle Lachlan, et on le rencontre lorsque Sofia vient se plaindre à l'accueil de ce problème d'attribution des chambres.
Il est taciturne, froid, distant. Personne n'arrive vraiment à le cerner.
Sofia, elle, est à fleur de peau, elle a le sang chaud et réplique très rapidement, ce qui nous laisser être spectateurs de superbes joutes verbales entre les deux protagonistes.

Le couple est alchimique, on sent qu'ils se détestent et en même temps, on a hâte de les voir passer la seconde vitesse tellement leur aura est explosive !

J'ai eu énormément de sympathie pour l'ensemble des protagonistes secondaires comme par exemple Lily qui est  rigolote puisqu'elle prend tout au premier degré. Elle est très.. naïve, ce qui prête aussi à des histoires attendrissantes la concernant, même si elle fait aussi de la peine par moments :) on dirait une petite fille perdue, et à travers elle, on découvre que Sofia, derrière ses barrières, a beaucoup d'amour à donner. Lady Catherine a été exceptionnelle à mes yeux! Cliente régulière de l'hôtel, elle connait les rumeurs sur les gérants, et elle accueille sous son aile charitable la belle rousse qu'est Sofia. Leurs échanges sont également jouissifs!

Ce qui m'a également énormément plu dans cette histoire, c'est que la romance laisse aussi une place équivalente à une intrigue de vols de tableaux. Ainsi, cela met du piment au récit. Pour les partisans, Lucie Castel fait de nombreuses références à des tableaux et des peintres de la période pré-raphaélites. Du coup, on tourne les pages rapidement pour connaître le fin mot sur ces larcins!

L'écriture est encore une fois pleine de pep's et de punchline J'ai dévoré ce roman et je me suis régalée!! Humour décalé et cynique, sarcasme, références culturelles à des œuvres d'art, gloussements de rire, fous rire, larmes aux yeux, gorge serrée, je suis passée par toutes sortes d'émotions dans cette romance qui met de bonne humeur! Je ne peux que vous recommander ce roman :)