mercredi 30 octobre 2013

Interview d'auteurs #Marika Gallman

Tout aficionado d'urban fantasy se doit de connaître cette auteure suisse, créatrice de l'héroïne Maeve Regan et de la saga homonyme qui nous fait hurler de rage à la fin de chaque tome! Mais Marika n'est pas seulement sadique avec ses lecteurs! Pour la sortie du tome 4 " A pleines dents" qui paraîtra demain en librairie, elle s'est prêtée au jeu d'une interview! Et à travers cet échange, vous allez découvrir une femme abordable et qui ne se prend pas au sérieux...




Salut Marika, 

Peux-tu te présenter aux lecteurs en quelques mots ?
Auteur et concise.

As-tu toujours voulu écrire? 
D’aussi  loin  que  je  me  souvienne,  oui.  La  première  fois  qu’on  m’a  demandé  ce  que  je
voudrais faire quand je serais grande, c’est ce que j’ai répondu, en tout cas. Après j’ai eu un passage où je voulais devenir fleuriste ou femme de ménage, mais ça m’a vite passé.

Peux-tu nous dire comment est née Maeve Regan, ton héroïne ?
Maeve  est  mort-née  par  voie  basse,  sans  péridurale,  quelques  minutes  avant  son  frère jumeau, bien vivant, lui. C’était un beau bébé de 2858 g. La mère et l’enfant se portaient bien jusqu’à ce que le père les tue.

Sinon  pour  son  histoire,  elle  découle  d’une  lecture  malheureuse  de  Twilight,  d’une  haine viscérale pour le personnage de Bella, et de la création d’un doppelganger en la personne de Maeve.

Comment as-tu construit l’histoire, les personnages, les intrigues, les spécialités de chacun ?
J’ai un peu peur que donner une réponse honnête à cette question m’offre un séjour gratuit dans une chambre capitonnée… mais je n’ai pas souvent l’impression d’avoir construit quoi que  ce  soit.  Quand  j’ai  imaginé  Maeve,  c’est  elle  qui  s’est  mise  à  me  raconter  ce  qui  lui arrivait, qui elle rencontrait, ce qui se passait et pourquoi. Quand elle le savait. Parce qu’il y a des détails pour lesquels on était complètement dans le noir, tant elle que moi, et qui n’ont parus logiques qu’à la fin. C’est rassurant ?

Maeve est un personnage complexe, et en même temps très attachant, on suit son évolution. Dans le premier tome, ce qui frappe chez elle est son franc-parler, et disons-le, son « langage de charretier » (qui s’est quand même nettement amélioré à ce jour). Puis dans le tome 2, on découvre sa vraie nature, ses faiblesses, ses points forts, sons sens de l’humour et surtout sa volonté et rage de survivre. Te sens-tu proche d’elle ? Si non, quel est le protagoniste qui te ressemble le plus ? 
J’adore  entendre  parler  du  langage  de  Maeve.  C’était  un  des  points  de  l’évolution  du personnage,  et  du  coup  je  ricane  toujours  dans  mon  coin  en  lisant  les  commentaires associés.
Disons qu’il est assez difficile de répondre à la première question. Je suis forcée de me sentir proche  d’elle,  puisque je l’écris. Après,  quant à  savoir  si  on a  des affinités,  c’est  une autre histoire. Dans le  tome 1, je passerais mon  temps à avoir envie de lui  filer des baffes et à la secouer pour qu’elle ouvre les yeux et s’intéresse un peu à ce qui se passe autour d’elle. Une chose est sûre, on ne serait pas amies.

Quant  au  personnage  qui  me  ressemble  le  plus…  Moi,  je  répondrais  Lukas.  Les  lecteurs
auraient  tendance  à  dire  Victor,  et  je  crains  fort  qu’ils  ne  voient  plus  clair  que moi  sur  ce
point-là :)

Peux-tu nous dire quelles sont les scènes–types qui te donnent le plus de difficulté à écrire ?
Facile. Celles qui s’étendent de la première à la dernière, environ, avec quelques variations de temps en temps, quand je suis bien lunée.
À vrai dire, je n’ai jamais de peine à écrire de scènes.  J’ai parfois de la peine à m’y mettre, mais j’ai une écriture assez automatique. Je sais ce que je veux dire et où va l’histoire, et elle sort. Ensuite, si je ne suis pas d’humeur, je sauterai des pans du  récit en quelques phrases bâclées pour avancer et j’y reviendrai plus tard. Mes premiers jets sont toujours de véritables poubelles.  Je suis plutôt un auteur « de couche ». La plupart du  temps, la première version est factuelle, un mot sur deux est une répétition, et je regarde ensuite depuis l’extérieur ce qui se passe, qui fait quoi, comment, pourquoi il fait ça comme ça… Après, il y a des scènes
que j’ai beaucoup de  facilité à écrire, par contre, celles qui me  trottent dans la  tête depuis des années, celles que j’ai rejouées des milliers de fois mentalement. D’autres aussi, qui sont plus éthérées, poétiques, comme les scènes dans la conscience de Connor, ou les moments de connexion avec son frère, la première visite d’Aya, ou les illusions de Victor.

Au départ, Maeve Regan est sortie aux éditions du petit caveau. Aujourd’hui c’est Milady qui te publie, comment s’est fait le transfert ? Comment as-tu vécu ce changement d’éditeur ?
On me pose souvent cette question, comme s’il y avait beaucoup de choses à en dire, mais à part « bien », rien ne vient ! Le Petit Caveau est une équipe super, Milady est une équipe super, le transfert s’est bien passé, je vis très bien le changement, et maintenant je peux me payer des vacances au camping en bas de chez moi.

De quoi parle ton autre série, « Bad Moon Rising » ? 
On suit le parcours de Neela, qui va être attaquée par une créature obscure par un beau soir de pleine lune, et va devoir faire le deuil de tout ce qui constituait sa vie. Je suis terriblement mauvaise pour pitcher mes histoires. Ça parle de vampires moches, méchants et qui puent.

Quels sont tes projets ? 
Dominer le monde et survivre à l’apocalypse que j’aurai accidentellement provoquée pour y parvenir, parce que je suis plutôt maladroite. Ensuite, écrire un best-seller autobiographique pour y relater mes exploits en toute modestie, qui s’appellera le retour de Marika Guerre, et personne ne saura si c’était vraiment moi ou pas. Il y aura également une version américaine, Summerbi, qui parlera de mes cours de flûte au camp d’été.

Penses-tu écrire un jour autre chose que de l’Urban Fantasy ?
Oui. Mes premiers amours sont en polar. Wait for it.

Nous nous sommes rencontrées sur le salon d’Octogônes 2011 à Lyon, et depuis, je ne cesse de te voir partout ! Comment as-tu vécu ton premier salon en tant qu’invité ?
C’était  très  tranquille  et  bon  enfant.  J’ai  eu  la  chance  de  connaître  d’autres  auteurs  qui  y
étaient également, donc je n’étais pas trop stressée, ce qui aidait bien. J’ai aussi participé à ma première table ronde, qui a probablement été le moment le plus traumatisant de mes 28 premières années d’existence. J’étais tellement stressée que je ne me souviens absolument pas de ce que j’ai répondu aux questions ni des questions elles-mêmes, pour être honnête. La  seule  chose  dont  je  me  souviens,  c’est  que  ma  gorge  était  tellement  sèche  que  j’ai voulu boire de l’eau, que je me suis vaillamment versé un verre, mais qu’ensuite mon bras tremblait tellement que je n’ai jamais été en mesure de lever le verre jusqu’à mes lèvres. J’ai abandonné quand j’ai commencé à renverser de l’eau. Ah, les bons souvenirs !

Où pourrons-nous te rencontrer prochainement ?
À Vevey... Je n’ai malheureusement aucune date de salon actuellement.(NDLR : Si vous ne connaissez pas les rives du lac Léman, c'est un merveilleux endroit à visiter, que ce soit du côté français ou suisse)

Pour une meilleure immersion dans tes deux séries, quelles musiques/groupes conseillerais-tu aux lecteurs d’écouter ?
Ouh la vilaine question. Aucune idée ! Ce que chacun aime, pour se mettre dans de bonnes dispositions ? J’ai beaucoup écouté Archive et Forence + the Machine en écrivant, mais je ne saurais même plus dire quelles chansons pour quel tome. Je suis un peu monomaniaque et j’ai tendance à mettre une chanson sur repeat et à continuer des jours durant en n’écoutant que ça. Je me souviens juste de Seven Devils pour le tome 3, toutes les fameuses scènes un peu éthérées dont je parlais avant, et le combat dans la grotte.

Enfin, une petite anecdote à nous raconter en lien Maeve Regan ?
Oui,  une  dont  j’ai  parlé  pas  plus  tard  qu’hier  sur  Facebook :  les  lecteurs  me  reprochent souvent une certaine scène du tome 2 qui contient deux ou trois araignées, au point que j’ai commencé à poster des photos d’araignées choupinettes automatiquement quand on m’en parle. Mais j’ai peur des araignées, et cette scène a été une torture à écrire. Je suis sûre que c’était largement pire dans mon esprit que le rendu papier, d’ailleurs. Et pour lutter contre ça,  j’ai  écrit  toutes  lumières  allumées,  en  écoutant  de  la  musique  joyeuse,  comme  Karma Chameleon de Culture Club, Wake me Up before you go go de Wham ! et Sans ma Barbe, de Corbier.

Et voilà! Cette interview prend fin! Je te remercie infiniment d'avoir répondu à toutes ces questions, et à très bientôt pour mon avis sur le tome 4 ! 



1 commentaire:

  1. Superbe interview et comme toujours Marika à le bon mot :)

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