samedi 14 avril 2018

PAPA DE PAPIER , DE NADIA COSTE #JEUNESSE

Paru en janvier 2018
ISBN : 9782748524888
120 pages
Livre papier
Edition Ricochet - Collection Tempo 

Aujourd'hui est un bon jour pour Ayrton. Il a obtenu un 18 en arts plastiques, pour son dessin de chat au fusain. « Tu as un don ! » a écrit le professeur. Son ami Romain, excellent dans toutes les matières, n'a eu que 13 à son collage de pingouin - le prof a pensé que c'était un canard. Maintenant il faut rentrer à la maison, et c'est un moment difficile pour Ayrton. Son père, qui est au chômage, ne sort plus de chez eux. Il lui arrive d'avoir des mots très durs et injustes. Mais cette journée n'est décidément pas comme les autres. Un chat au pelage gris rayé, la queue noire au bout, exactement identique à celui de son dessin, a trouvé refuge sur le balcon d'Ayrton. Celui-ce se persuade que c'est son chat imaginaire qui a pris vie. Il décide de se dessiner un papa de papier. 


Papa de papier est un roman adressé à un public à partir de 10 ans. Ayrton est en 6e, il est un de ces élèves moyens, mais qui excelle dans une matière créative : l'Art Plastique (ce qui m'a rappelé que moi j'étais très mauvaise.. ou bien c'était la prof qui voulait des rendus trop abstraits.. allez savoir !) 

Lors de son dernier devoir, il réalise que le chat qu'il a dessiné prend forme! A partir de là, et suite à son imagination débordante et au commentaire encourageant de son professeur, il se met à espérer qu'il vient de découvrir son grand pouvoir qui impliquera de grandes responsabilités.

Sa vie familiale est chaotique depuis le licenciement de son père. Ce dernier est devenu maniaco-depressif, et a developpé toutes sortes de TOC. Cela passe évidemment par le ménage, et cette obsession vire au drame dès lors qu'Ayrton ou sa mère Séverine ne respecte pas l'une des nombreuses règles de Fabrice. 

C'est grâce au dessin que le jeune garçon  va trouver un échappatoire, qui leur permettra d'ailleurs de faire exploser la vérité au grand jour.

Non, ce qu'il lui faut, c'est un héros rien que pour lui. Quelqu'un qui s'interesserait à ses problèmes, qui saurait tenir tête à son père et qui lui montrerait ce que c'est d'être un vrai papa. Quelqu'un d'aimant, de gentil et d'attentionné. Quelqu'un qui le prendrait dans ses bras, le complimenterait quand il réussirait et l'encouragerait quand il aurait des difficultés. Qui ne le disputerait pas pour trois miettes, qui le laisserait poser ses affaires dans le couloir et qui ne désinfecterait pas chaque fois qu'il s'assiérait quelque part, comme s'il était contagieux. 

Ce récit très court peut être lu à de nombreux niveaux. Les collégiens qui le découvrent peuvent facilement s'identifier à Ayrton, ou à ses amis Lia et Romain. Ils peuvent reconnaître aussi leur entourage à travers les caractères de ces personnages. 

Severine m'a touché. J'ai eu beaucoup de peine pour elle, j'ai ressenti pourquoi elle était enlisée dans cette situation. Son amour pour son mari est toujours là mais jusqu'à quel niveau? Quand la personne qu'on aime sombre en pleine dépression et commence à dénigrer tout rapport, à devenir violent verbalement et physiquement, cela rend le quotidien ô combien difficile. 
Fabrice était révoltant, comment parler comme ça à son fils, ou comment traiter son épouse de cette façon? Et pourtant, cette vérité est encore bien trop actuelle. 
Quant à Ayrton, il m'a touché par son courage, son optimisme, la façon dont il aborde la vérité et dont il comprend sa mère.  J'ai été blessée pour lui, par les mots que son père lui a violemment balancé, par le fait qu'à cause de ses paroles, la confiance de cet enfant vacille, j'enrage à chaque fois que je vois des pères se comporter de la sorte, que l'enfant ait 5 ans ou 11 ans, le résultat est le même. La confiance en soi se fait au quotidien. Les enfants sont très réceptifs aux paroles des parents, leurs modèles....

Nadia Coste tente de montrer aux enfants en mal-être que rien n'est fatal, et qu'une aide peut être sollicitée, que ce soit via les professeurs, ou des voisins...
De plus, elle aborde de nombreux thèmes actuels à la fois difficiles comme le chômage, la violence conjugale et familiale, le développement de la confiance en soi et le passage à l'adolescence, mais elle fait également appel à des références culturelles et littéraires.. de quoi donner envie aux jeunes adolescents de découvrir, par exemple, la quête d'Ewilan ou Death Note ! 

J'espère que ce roman trouvera son public dans les milieux scolaires. Nadia Coste écrit aux jeunes adolescents de façon adulte, les met face à des problèmes du quotidien et leur insuffle de l'espoir et des solutions. 

Je remercie Nadia Coste pour sa confiance et l'envoi de ce service presse. 

jeudi 12 avril 2018

UN ECLAT DE GIVRE D'ESTELLE FAYE #SCIENCEFICTION

Paru en poche le 05/10/2017
#ISBN:978-2070469864
352 pages
livre numérique
Edition Folio SF

Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.

Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

En 2018, j'ai décidé de me mettre à jour dans tous les ouvrages (ou presque) d'Estelle Faye! C'est donc au tour d'un eclat de givre de passer entre mes mains!

Ce livre, j'en ai entendu parler maintes et maintes fois, notamment avec Elphrya qui a eu un coup de coeur absolu en le lisant à sa sortie! Mais je résistais à l'appel, lui expliquant que je voulais d'abord lire Porcelaine.. Finalement, je ne l'ai pas encore fait :)

Estelle écrit toujours sur des thèmes différents (la chute d'un empire avec les Seigneurs de Bohen, un conte chinois avec Porcelaine, une visite de la mythologie romaine avec la voie des oracles, ou encore du space opéra avec son roman Les nuages de Magellan qui sortira cette année).
J'avais envie de post apo, c'est pourquoi j'ai décidé de me diriger du côté de Givre!

Cela fait maintenant un mois que je l'ai lu, et avec ce recul, je dois dire que j'ai été très contente de ce voyage. Ce qui m'a le plus frappé dans ce roman, c'est l'ambiance et la ville de Paris revisitée! Je ne suis pas une fan de la capitale, mais je dois reconnaitre que j'ai eu envie de mieux la connaître pour encore plus facilement m'immerger dedans, même si les descriptions faites étaient très visuelles! J'imaginais à chaque fois la réaction d'Elphrya qui vit là bas et je pouvais encore mieux comprendre son enchantement à sa lecture!
"la zone humide du périphérique est infestée de moustiques, des nuages mouvants qui vrombissent au dessus des étangs, des bosquets de lys et de roseaux. Cà et là surnagent, tels des îlots de goudron strié de raies blanches, des restes de l'ancienne double quatre-voies, de la route du 20e siècle. [...] Il parait qu'autrefois, les hommes fonçaient sur le Périphérique plus vite que notre vieux métro."

Paris devient un personnage en lui même. La canicule frappe, c'est moite, et surtout Paris n'est plus du tout Paris. La fin  du monde a eu lieu, laissant une France dans un état vraiment loin de celui que l'on connaît. Tout a disparu à l'exception de quelques villes, et encore, tout a changé. Ainsi,on découvre que le périphérique est devenue une zone très humide, infestée de moustique et de dangers toxiques ; que certains endroits de Paris, connus du tourisme, sont cachés par la flore qui a repris ses droits (comme on peut le voir d'ailleurs sur la couverture) et qu'il faut être prudent puisque de nombreux lieux sont dorénavant minés...


J'ai vraiment aimé ressentir cette nouvelle capitale, et j'ai trouvé l'écriture d'Estelle Faye encore une fois soignée pour nous donner de nombreux petits détails.

Je m'appelle Chet. J'ai 23 ans, nous sommes le 6 Juillet 2267. Deuxième moitié du vingt-troisième siècle. Mon siècle.

L'histoire est écrite à la première personne et nous découvrons ce récit à travers le personnage de Chet. Androgyne et chanteur de jazz, on ne comprend qu'au bout de quelques pages que c'est un homme. Chet est solitaire, et survit dans cette jungle parisienne. Il cherche l'amour, et j'ai pu comprendre suite à une explication de la part d'Estelle (que je remercie pour nos échanges toujours intéressants pour moi) que le petit détail qui m'énervait ne faisait en fait que représenter un trait de caractère de Chet. En effet, pendant tout le roman, je m'agaçais en le voyant penser "ma sirène, mon pianiste, ma garçonne..." comme si les gens lui appartenaient. Or, c'est surtout un moyen de montrer qu'il s'accroche à un espoir fou, l'amour, et qu'il a besoin de gens autour de lui tout en conservant sa liberté. Chet est jazziste, et instruit. D'ailleurs ses parents ont décidé de lui donner ce prénom en mémoire de Chet Baker, un jazziste du 20e siècle. Estelle Faye glisse de nombreuses références musicales, que je n'ai personnellement pas saisi, n'étant pas une amatrice de ce style de musique. Chet est un homme libre, dans sa sexualité tout comme dans ses actions.

"Je sais déjà que je vais me réveiller en pleine canicule. Rien que cette pensée me déprime. Il parait qu'il y a une nouvelle drogue dans les rues, qui permet de résister à la chaleur.


Chet va devoir mener l'enquête sur une nouvelle drogue qui circule dans Panam : la Substance. C'est une réflexion très intéressante que nous livre Estelle, et qui pourrait totalement se réaliser ! Vu le réchauffement climatique, je ne serai pas surprise qu'un tel placebo soit crée un jour ou l'autre! Et avec cela, je me suis mise à me poser de nombreuses questions : si les consommateurs ne ressentent plus la canicule, ils vont mourir plus vite : insolation, déshydratation, etc etc! c'est assez flippant d'imaginer cela!

"Dans l'Enfer, si on est séparé, tu vas trouver Virgile. Un petit blond bouclé. Il habite la Maison du Gardien, au dessus de l'entrée principale des catas. Des catacombes."

A travers ses recherches, Chet va nous entraîner dans de nombreux sites parisiens, et nous allons croiser pas mal de monde. Celui qui m'a le plus marqué est probablement Virgile, qui gère l'entrée de l'Enfer. Et là, bim!! Même sans avoir lu l'oeuvre de Dante, on ne peut que penser à cette dernière "la divine comédie". Estelle Faye est loin d'être en reste concernant les références culturelles, et c'était vraiment agréable de voir comment elle les intégrait à son récit !

L'écriture est vraiment top, alors que dans les Seigneurs de Bohen elle prend le temps de détailler les actions, en faisant par là même des phrases plus longues, dans Givre, au contraire, les phrases sont très courtes, percutantes, suivent la musicalité du jazz et en même temps nous font ressentir l'urgence de la situation.

Et ce qui m'a aussi plu, tout comme dans Bohen ou encore la voie des oracles, c'est l'incursion de créatures surnaturelles; Je pense ici aux sirènes, qui sont pleines de mystères, on est complètement happé par elles tout en s'en méfiant comme de la peste!

Je pourrai encore vous parler d'autres éléments mais je ne voudrai pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce roman. Je vais donc m'arrêter ici pour ma chronique, en espérant, bien évidemment, vous avoir donné envie de le lire.



mercredi 11 avril 2018

LE DIEU OISEAU, d'AURELIE WELLENSTEIN #FANTASY


Paru le 29/03/2018
ISBN : 978-2-36740-582-7
332 pages
livre papier
Edition Scrinéo


Un récit psychologique sombre et violent sur le traumatisme, la résilience, la vengeance. Un roman initiatique magistral. 
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.
Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d’avenir est de participer à la compétition de « l’homme-oiseau », afin de renverser l’équilibre des pouvoirs en place et de se venger.
Qui du maître ou de l’esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l’île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Le roman le plus fort et le plus brutal d’Aurélie Wellenstein à ce jour.

Prenez votre souffle... Aurélie Wellenstein va vous tenir en apnée pendant plus de 300 pages!

Dès les premières pages, on est pris dans la frénésie de cette histoire. On suit l'histoire de Faolan, un homme devenu l'esclave du tyrannique Torok suite au massacre de sa famille dix ans auparavant...
On s'attache immédiatement à lui, qui rêve d'affronter son maître durant les prochaines sélections qui auront lieu dans quelques jours.
En quelques chapitres, on comprend le lien horrible qui relie Faolan à son maître. Torok est manipulateur, pervers, sans pitié, et rappelle à bien des égards le terrible Jeoffrey dans Game of Thrones (version télévisée, je n'ai pas lu la saga.)


Le roman s'étale sur quelques jours, et autant vous dire, il m'a été difficile de reprendre mon souffle, et de devoir poser le livre le temps de m'occuper de mon quotidien! Dès que j'avais un instant, je me plongeais dans ce récit car j'avais vraiment besoin de découvrir l'histoire de Faolan.


L'univers, est encore une fois, super bien décrit, avec une plume efficace et brutale, Aurélie Wellenstein nous immerge dans cet univers fantasy et nous entraîne à la découverte des différents clans, comme celui du bras de fer, de l'ours, de l'huitre ou de l'aigle, mais aussi sur cet île foisonnante et pleine de mystères.

Faolan va devoir affronter 9 concurrents, tous motivés par le pouvoir, la vengeance mais aussi par respect pour le Dieu Oiseau. Cette compétition remonte à 500 ans, et depuis, tous les 10 ans, se déroule un nouveau combat. C'est très sanglant, puisque le but de cette lutte est de gouverner sur le reste de leur pays pendant les 10 prochaines années, mais également de faire des sacrifices à leur Dieu, notamment au moment du banquet. On plonge en plein cannibalisme et certaines scènes font vraiment froid dans le dos. Aurélie écrit les actions avec brutalité, et cela fonctionne parfaitement sur le lecteur!


Tous comme les spectateurs des arènes, je me suis surprise à me trouver mal à l'aise, à vouloir savoir ce qui allait se passer, ces jeux de pouvoirs étant violents et malsains. et pourtant, je n'ai pu que rester vissée sur mon canapé pour découvrir la suite de son histoire!

"Le champion enfonça la lame de son poignard entre la cinquième et la sixième côte de son sacrifice. Le geste était précis, mainte et mainte fois répété en vue d'une exécution parfaite. Le sacrificateur ne devait pas abîmer le coeur : il lui faudrait ensuite l'extirper de la cage thoracique et le manger, encore palpitant, face à la foule."


Faolan est le personnage qui évolue le plus dans ce récit. Normal me direz-vous puisque c'est le personnage principal. Son psychologique est super bien développé. Tout au long des épreuves, on le voit combattre non seulement ses adversaires mais également la folie qui tente de d'emparer de lui. Après avoir vécu autant de traumatismes (et Aurélie ne prend pas des pincettes pour nous les décrire), on ne peut que comprendre son état mental. Et même si cela m'a fait peur plus d'une fois, même s'il a du prendre des décisions pas joyeuses, il ne pouvait en être autrement.

Et encore, j'imaginais une fin bien plus pessismiste.

Le Dieu Oiseau me fait penser à un conte cruel, les scènes sont très violentes et je n'ai pu m'empêcher de questionner Aurélie sur la qualité de ses rêves (^-^) J'ai aimé la façon dont elle nous fait prendre conscience du pouvoir de la religion, mais aussi la façon dont elle évoque le désespoir de certains combattants.

En bref, vous l'aurez compris, j'ai vraiment adoré ce récit qui m'a permis de m'éloigner quelques heures de mon quotidien!!

J'ai encore quelques romans d'elle dans ma bibliothèque, et je suis bien contente de les avoir sous la main pour pouvoir continuer d'explorer son écriture !

En attendant mon avis sur ses autres livres, vous pouvez toujours découvrir ce que j'ai pensé des loups chantants (bon concrètement, c'était l'un de mes plus beaux coups de coeur en 2016).


mardi 10 avril 2018

SIRIUS, de STEPHANE SERVANT #SCIENCEFICTION #PLIB2018

Paru en Août 2017
#ISBN:9782812614330
480 pages
Livre papier
Edition le rouergue / collection Epik

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever Kid. Entre leurs expéditions pour trouver de la nourriture et les leçons données au petit garçon, le temps s'écoule doucement... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Il leur faut maintenant survivre sur une terre stérile pleine de dangers. Stéphane Servant, avec tout son talent de conteur, nous plonge dans un univers post-apocalyptique aussi fascinant que vénéneux. Une lecture addictive ! 

Lorsque PikoBooks a parlé de ce roman dans ses instastories, j'ai immédiatement été intriguée par lui. Peu encline aux histoires post-apocalyptique, c'est l'écriture qui m'a donné envie de me plonger dans ce récit. Et dès les premières pages, en effet, j'ai été conquise par le style de Stéphane Servant. Sa plume est à la fois poétique, onirique, brute, et très agréable à lire.



A travers les personnages principaux de Kid et d'Avril, on découvre un monde en plein changement. La nature reprend ses droits, l'humanité s'éteint, la procréation se fait de moins en moins et à tous les niveaux : faune, flore, et humains. Que s'est il passé pour en arriver là? Stéphane Servant entraîne le lecteur à réfléchir à de nombreux thèmes telle que le traitement fait aux animaux, les réfugiés, les guerres, la pollution, ...

Mais le roman va beaucoup plus loin, les rencontres avec les personnages secondaires sont très percutantes, on ressent la solitude, le desespoir de ces personnes qui n'ont plus rien et sont contraints de vivre seuls. 
On prend en pleine figure l'importance d'aimer, que ce sentiment est vital à la survie de l'Homme et de l'Animal. C'est ce qui nous donne l'espoir. 

Kid est absolument attachant! Je l'ai aimé et il restera très longtemps dans ma mémoire. Ce petit garçon qui apprend à vivre dans un nouveau monde, avec l'aide d'Avril sa soeur adoptive. Il est plein de ressources, il comprend les choses mieux que quiconque. Un élément qui ressort souvent dans les avis est son langage. En effet, au début du roman, on voit que Kid parle normalement pour un garçon de son âge, mais très rapidement, on a l'impression qu'il "regresse". Pour ma part, j'ai trouvé cela complètement captivant. J'ai rapidement compris qu'il faisait communion avec les animaux, que son esprit primal prenait le dessus. Qu'il subtilisait les mots inutiles pour aller droit au but. Son langage extérieur semble "pauvre" et réduit, alors qu'on se rend compte que lors des passages omniscients, son langage mental est bien plus développé et compréhensif. 

L'auteur fait aussi une part belle aux animaux dans ce récit. Je n'ai aucune connaissance biblique, mais j'ai pourtant beaucoup pensé à l'Arche de Noé. Kid arrive à saisir et à communiquer avec différents animaux, tel qu'Esope, Un, Sirius ou Artos. C'est très beau et ca nous fait réflechir sur ce qui est essentiel. 

Quant à Avril, c'est un personnage complexe, auquel on s'attache aussi facilement. On comprend les différentes phases qu'elle a vécu au moment de l'apocalypse. Comment elle a pensé les choses, pourquoi elle a fait telle action, et pourquoi elle a regretté. C'est un personnage fort et courageux, qui ferait n'importe quoi pour préserver Kid.

Les personnages secondaires ne nous laissent pas non plus indifférents. A commencer par Madame Mô, cette femme bienveillante qui aide les enfants. Rosine m'a beaucoup fait de peine, mais m'a également fait peur. Je me suis demandée ce qu'elle serait prête à faire pour avoir la considération de Kid.... Le conteur est l'un des personnages les plus marquants également. Il se fie  à l'instinct de son âne, ne prend aucune décision et se laisse porter sur les chemins. Son histoire est difficile, il s'est forgé une carapace qu'il brisera au fil de l'histoire. Rafik, lui donne du souffle, tout en rappelant les conditions extrêmement difficiles des réfugiés. Enfin, l'un des personnages ambigus est Darius, une étoile noire. C'est le chef d'un groupuscule extrêmiste. A la fois violent, j'ai aussi ressenti en lui un desespoir, une chute lente de son mental face à ce que la nature impose. 
Chaque personnage est ambigü. En exploitant ainsi ses protagonistes, (et en réfléchissant à tous les thèmes abordés) on réalise rapidement que l'auteur ne prend pas ses jeunes lecteurs pour des idiots. Ce roman est classé en Young Adult, et il a de quoi amener à de nombreuses discussions, voire même une étude scolaire tellement il y a de choses à dire sur ce petit chef d'oeuvre! 

Je voulais aussi parler de la forme du livre : la couverture déjà est très apaisante je trouve, j'aime ces couleurs vert emeraude. La structure narrative est originale : on commence par le chapitre 70 pour revenir doucement au chapitre 0 puis repartir dans le bon sens. C'est très emblématique d'une renaissance et d'un nouveau monde, et cela met de l'espoir après avoir passé de nombreux passages difficiles. J'ai aussi trouvé le découpage des chapitres super bien faits! C'est la première fois que je m'attarde sur ce point mais cela m'a sauté aux yeux. Chaque fin de chapitre laisse sur l'envie d'en apprendre plus, et la disposition des pages est aussi bien placée...

En bref, vous l'aurez compris, c'est un IMMENSE COUP DE COEUR que j'ai eu pour ce roman! J'ai rarement été aussi emportée par les émotions, passant moi même des larmes au désespoir, à l'espoir, à l'union avec les animaux, à la peur du lendemain, mais aussi à l'envie de croire que tout n'est pas fini! 
J'ai pris énormément de temps à le lire, peut être plus d'un mois, car c'est le livre que je lisais à mon bébé pour sa sieste de l'après midi. Et je suis ravie d'avoir mis autant de temps car je sais qu'il restera longtemps ainsi dans ma mémoire. Et je le relirai très certainement un jour!

Stéphane Servant, je vous remercie d'avoir écrit un livre aussi engagé ! 

Consultez d'autres avis sur le site du plib.fr .




dimanche 8 avril 2018

QU'EST CE QUI FAIT PLEURER LES CROCODILES? de Lucie Castel #ROMANCE


Paru le 7 mars 2018
ISBN:978-2280387477
378 pages
Livre numérique
Edition Harlequin

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler d'une romance qui m'a particulièrement plu. Qu'est ce qui fait pleurer les crocodiles est sorti le 7 Mars chez Harlequin. J'ai obtenu ce roman via la plateforme Netgalley que je remercie au passage.





Dans cette romance, on rencontre Sofia, une monegasque envoyée à Oban en Ecosse pour se ressourcer. Délaissant sa galerie d'Art, elle décide de découvrir le pays Ecossais, particulièrement l'hôtel (de luxe) où elle loge.

Les premières lignes donnent le ton : Sofia se retrouve dans sa chambre, qu'elle partage apparemment avec un autre homme qui a pris ses aises. Ne vous méprenez pas, ce ne sera pas le prince charmant du livre comme j'ai pu le croire au début. Non non non, le mâle du roman s'appelle Lachlan, et on le rencontre lorsque Sofia vient se plaindre à l'accueil de ce problème d'attribution des chambres.
Il est taciturne, froid, distant. Personne n'arrive vraiment à le cerner.
Sofia, elle, est à fleur de peau, elle a le sang chaud et réplique très rapidement, ce qui nous laisser être spectateurs de superbes joutes verbales entre les deux protagonistes.

Le couple est alchimique, on sent qu'ils se détestent et en même temps, on a hâte de les voir passer la seconde vitesse tellement leur aura est explosive !

J'ai eu énormément de sympathie pour l'ensemble des protagonistes secondaires comme par exemple Lily qui est  rigolote puisqu'elle prend tout au premier degré. Elle est très.. naïve, ce qui prête aussi à des histoires attendrissantes la concernant, même si elle fait aussi de la peine par moments :) on dirait une petite fille perdue, et à travers elle, on découvre que Sofia, derrière ses barrières, a beaucoup d'amour à donner. Lady Catherine a été exceptionnelle à mes yeux! Cliente régulière de l'hôtel, elle connait les rumeurs sur les gérants, et elle accueille sous son aile charitable la belle rousse qu'est Sofia. Leurs échanges sont également jouissifs!

Ce qui m'a également énormément plu dans cette histoire, c'est que la romance laisse aussi une place équivalente à une intrigue de vols de tableaux. Ainsi, cela met du piment au récit. Pour les partisans, Lucie Castel fait de nombreuses références à des tableaux et des peintres de la période pré-raphaélites. Du coup, on tourne les pages rapidement pour connaître le fin mot sur ces larcins!

L'écriture est encore une fois pleine de pep's et de punchline J'ai dévoré ce roman et je me suis régalée!! Humour décalé et cynique, sarcasme, références culturelles à des œuvres d'art, gloussements de rire, fous rire, larmes aux yeux, gorge serrée, je suis passée par toutes sortes d'émotions dans cette romance qui met de bonne humeur! Je ne peux que vous recommander ce roman :)







dimanche 1 avril 2018

PILE A LIRE AVRIL 2018

Bonjour à tous!

En ce mois d'avril, et avec l'approche des Imaginales 2018, j'ai eu envie de préparer une petite liste de livres que j'aimerai découvrir ce mois ci :

MES LECTURES EN COURS



Tout d'abord, je fais une relecture des Seigneurs de Bohen, d'Estelle Faye, publié chez Critic. J'avais lu ce roman en février, mais j'en suis sortie très mitigée, avec de nombreuses questions, que j'ai pu aborder auprès d'Estelle directement. Cela m'a permis de mieux comprendre comment elle a érigé son univers et cela m'a donné envie de le relire pour mieux m'immerger maintenant que j'avais des réponses et des explications. Je le lis avec Claire du blog "livrement vôtre" et Ingrid de "la biblio de Koko". Mes 2 comparses de LC de longue date. Et j'avoue, ça fait un bien fou de relire toutes les 3 et de délirer autour de nos lectures.










Je lis également avec Livrement Vôtre "le gang des rêves", de Luca Di Fulvio. L'auteur sera présent aux Quais du Polar cette année, et j'aimerai au moins en lire une bonne partie pour savoir si je le fais dédicacer ou pas là bas.

Dans mes lectures prévues, vous allez voir il y en a pas mal, et je ne présente que des livres papiers, pas les ebooks...














 La fin du tome 1 (mon avis ici) m'avait laissé à bout de souffle et horrifiée. Les évènements reprennent juste après cette fin atroce. Je n'ai lu que quelques chapitres et j'adore déjà. Ca me fait plaisir de retrouver les membres des bikers, et Jo.

















SP :





IMAGIPAL (Livres achetés en 2017 aux Imaginales) 







COMICS 


jeudi 29 mars 2018

DAMENNDYN T1 : Le grimoire d'Esklaroth, de Rose Berryl #FANTASY

Paru le 25/11/2017
#ISBN:978292466410
467 pages
Livre numérique
CKR Edition

Et si tout ceci n'était que le commencement?
Certains secrets ont été trop longtemps préservés, par peur ou par profit, ne laissant fuser parmi les royaumes qu'une infime partie de la vérité.
Le récit que vous allez découvrir prend son essor au cœur de Lythuste, l'une des cinq îles du Grand Monde. Damenndyn y mène une vie paisible, recluse dans l'enceinte d'un orphelinat où les prêtresses de la déesse Torgani l'ont recueillie enfant.
Poussée par la curiosité, elle découvrira, au fil des pages d'un énigmatique grimoire, l'histoire mystérieuse d'un château maudit, où les habitants vivent des heures sombres.
Très vite, de terribles événements viendront perturber la quiétude de ses journées, plongeant tout autour d'elle dans le chaos.
À dix-huit ans à peine, Damenndyn ne se doute pas encore qu'elle aura à jouer un rôle majeur dans le combat engagé contre les Ténèbres, et qu'elle devra affronter des forces inconnues, d'une puissance terrifiante…




Avant de commencer, je remercie vivement Delphine pour l'envoi de ce partenariat.
J'ai pu découvrir l'écriture de Rose Berryl à travers ses autres romans : Kryna, un univers de fantasy urbaine qui m'avait bien plu mais que je n'ai pas encore pu continuer, et  Nekromantia, de la dark fantasy qui comporte pour le moment 8 épisodes. J'ai tout de suite aimé l'écriture de cette autrice et je me suis dirigée vers le tome 1 de Damenndyn sans aucune appréhension!

Damenndynn a tous les ingrédients pour plaire à de nombreux lecteurs : Un univers immersif, qui rappelle les jeux de rôles, des personnages attachants, une prophétie, une élue, des trahisons, des combats, des créatures et des sorcières, de nombreux décors, des valeurs importantes comme l'amitié... De plus, l'écriture fluide de Rose Berryl permet à tous lecteurs, amateurs ou novices en fantasy, de comprendre les codes de ce genre et de s'approprier cet univers. 



Dès le début, j'ai apprécié découvrir les différentes cartes qui représentent "le grand monde". C'est toujours un détail qui fait mouche chez moi et qui me permet de voir que l'auteure a bien travaillé son background. 
Et ce n'était que le début, puisque j'ai été happée dès le prologue  :  

"Entends-tu ma voix? Oui, toi, pauvre créature qui viens de tourner les premières pages de ce grimoire maudit, imprégnées du malheur d'un monde incertain où tout n'est que trahison, mystère et magie. Non, ne le referme pas... Il est déjà trop tard pour revenir en arrière."

Autant vous dire que j'adore ce genre de début, qui me rappelle la saga des Bannis et des proscrits de James Clemens (Milady/Bragelonne). Une fois lancée, il m'a été impossible de m'arrêter et j'ai lu ce roman en quelques jours (ce qui m'arrive rarement depuis quelques mois).

L'univers est très vaste. Le Grand Monde est composé de 5 zones principales, même si dans le premier tome nous nous concentrons sur  la partie Sud de Lythuste, depuis Bludargonth jusqu'à Rosergoth. Ce monde est très varié, alternant de vastes déserts à des forêts habitées par des fées et des licornes métamorphes. Les villages sont peuplés et les habitants colportent de nombreuses rumeurs. Cet univers étendu m'a beaucoup rappelé le principe des jeux de rôles (papier/en ligne) : on explore, on rencontre, on combat, on enquête.
Le lecteur va suivre deux histoires parallèles : Celle de Damenndyn, et celle de l'histoire écrite dans le grimoire que découvre l'héroïne... 



Damenndyn a 17 ans, elle est assez solitaire, elle a peu d'amis en dehors de Daïron et Lawrens. Même si elle n'est pas encore au centre de l'aventure, on ressent en elle un grand courage, comme nous le montrent ses actions en fin de roman. J'ai hâte d'en apprendre plus sur elle et de la voir évoluer dans cet univers ! 

Damenndyn était une jeune femme espiègle d'un mètre soixante-deux, douce et souriante, âgée de dix-huit ans à peine. Ses longs cheveux noirs, serrés par un petit noeud orangé, retombaient en mèches sauvages sur un visage aux joues roses et aux yeux d'un vert intense.
Elle découvre un grimoire mystérieux qui raconte l'histoire des chevaliers partis combattre au service du Roi de Lythuste : Valamdil. 
Le seigneur a missionné un groupe pour aller enquêter sur le château du Marquis d'Arthaër, qui semble, d'après les dires de la combattante Ludvinia, être hanté et en proie à de maléfiques créatures.  Le groupe est composé de 5 personnages: Sephirius, Champion du Grand Tournoi ; Eylen, combattant acrobate ; Drakiro, maître d'armes et époux de Molly  et les anges du Royaume Celeste : Samir et Soraya.

J'ai aimé apprendre à les connaître, ainsi que tous les autres habitants  et antihéros de ce monde. J'ai eu une petite faiblesse pour Molly, qui m'a beaucoup touché par son esprit de famille. J'aime le personnage d'Eleanore, elle semble être très sournoise et machiavélique. En y repensant, j'ai aimé chaque protagoniste mis en avant. Même si certains lecteurs pourraient les qualifier de caricaturaux et peut être peu originaux pour certains, ils conviendront parfaitement aux amateurs de fantasy classique tout autant qu'aux novices dans ce  genre. 

L'action est omniprésente,  j'ai adoré tout ce qui se déroule au château du Marquis, cela donne une ambiance sombre et surnaturelle. J'ai eu l'impression que ce château, d'ailleurs, était immense et qu'il représentait à lui seul un personnage. Beaucoup de choses se jouent à l'intérieur, à commencer par le complot qui permettra aux traîtres de prendre le pouvoir. Cependant, j'aurai aimé par moments en apprendre plus sur certains autres passages comme lorsqu'ils traversent les plaines maladives et la mer de Sable.


Aussi, l'écriture est prenante, à la fois par les scènes de vie que Rose Berryl nous fait découvrir. Par exemple, lorsqu'un personnage entre dans un village, nous pouvons assister au dialogue de mères de familles qui lavent le linge, ou bien des habitants s’abreuvant dans une taverne. Cela permet au lecteur de s'imprégner de chaque endroit et d'écouter en toute discrétion les rumeurs qui se racontent. Les descriptions sont suffisantes pour nous immerger dans les différentes contrées, et les actions s'alternent bien avec les mystères qui se développent autour de ce monde. De plus, le fait que l'on passe par moment sur le quotidien de Damenndyn permet dans ce tome introductif de reprendre notre souffle. 


Cette saga risque d'être très riche en aventures, en rebondissements, et en émotions puique 15 tomes sont prévus! Le tome 2 paraîtra dès le mois de juin. J'espère qu'il y aura des résumés des tomes précédents, pour nous permettre de mieux replonger dans l'atmosphère.


mercredi 14 mars 2018

#PLIB2018 : Les romans finalistes !!

Bonjour à tous!

Et voilà, dimanche, nous avons dévoilé les 7 romans finalistes désignés par les membres du jury!





Dans cette sélection, j'en ai lu 4 et je n'avais voté que pour un seul parmi eux ! Je vous en dirai plus dans une vidéo dédiée à mes votes et les résultats finaux !

 - Le souffle de Midas d'Alison Germain #ISBN:9782375680537
- La faucheuse de Neal Shusterman #ISBN:9782221198674
- Lebenstunnel, d'Oxanna Hope : #ISBN:9782365385230
- Les seigneurs de Bohen, d'Estelle Faye : #ISBN:9791090648869
- Les soeurs Carmines d'Ariel Holzl : #ISBN:9782354085451
- Shades of Magic de VE Schwab : #ISBN:9782371021167
- Sirius, de Stéphane Servant : #ISBN:9782812614330


Durant le live, nous avons abordé plusieurs points :
- Notre présence aux différents salons (Livre Paris, Gres Imaginaire, Intergalactiques, Imaginales, Aventuriales)
- Les interviews menées depuis le lancement du PLIB2018 et celles à venir (notamment une interview de VE Schwab que réalisera Axelle de la chaîne "la parenthèse d'Axelle)
- L'ouverture du club de lecture sur facebook : https://www.facebook.com/groups/clublectureplib2018/
dans lequel nous allons mettre en place des lectures communes et d'autres actions autour des romans finalistes
(ATTENTION, je précise que ce groupe ne fait pas doublon avec celui sur le PLIB qui parle de l'organisation générale depuis le début. Le club de lecture est uniquement axé sur les romans finalistes)
- l'ouverture du site Internet dans lequel on retrouve toutes les informations relatives au Prix (membres du jury, chroniques, informations, finalistes, etc)
Vous trouverez la vidéo ci dessous si vous désirez la regarder et revivre ce superbe moment :)


samedi 24 février 2018

INTERVIEW ELIZABETH EBORY #PLIB2018



On poursuit les interviews d’auteurs, cette fois ci, avec Elizabeth Ebory, autrice du roman « la fée, la pie et le printemps », publié chez ActuSf en août 2017.

En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l’humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d’or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre... Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le ecret le plus précieux du royaume.Des personnages empreints d’une légèreté désespérée, une aventure aussi féerique que profondément humaine. Élisabeth Ebory renoue avec le merveilleux des anciens récits, sans nier leur part d’obscurité.

Bonjour Elizabeth, je suis ravie de t’accueillir sur mon blog ! Auparavant autrice de nouvelles, comment se passe la transition entre ce format court à celui de roman ?
Merci à toi pour l’invitation !
Alors, la transition format court / format long, j’ai envie de dire… houlala !
J’avais pris mes habitudes : j’écrivais des textes en 15 000 ou 30 000 signes. C’était devenu un rythme. Qu’il a fallu casser.  En plus de cet aspect « longueur »,  un roman n’est pas qu’une « grosse nouvelle ». La tension d’un récit court ne pourra pas se retrouver dans 300 pages… L’histoire demande plus de développement qu’une seule scène, aussi épique soit-elle. La notion de scénario prend une toute autre envergure ! Il y a l’enchaînement global des péripéties bien sûr, mais aussi une multitude de détails à gérer – détails que la forme courte ignore la plupart du temps, chaque chose y étant cruciale.
Chez moi, il y avait également la question du style. Je suis sensible à la poésie sous toutes ses formes, et cela se ressent beaucoup dans ma façon d’écrire mes textes courts. Cependant, pour un texte long, il est plus délicat d’être poétique en permanence. A force, l’intrigue se noie, les enjeux se diluent, etc. Il a donc fallu évoluer et trouver une autre respiration.
Enfin : l’ambiance. Sur 10 pages, j’étais capable de supporter un univers noyé dans une nuit sans fin avec une mince lueur d’espoir. Sur 400 pages, euh… non. Donc j’ai aussi amorcé un gros virage sur les couleurs de mes mots, en essayant de leur donner plus de lumière et de bonne humeur. Sans pour autant abandonner complètement les ténèbres…
Bref au final, je crois qu’il a fallu tout changer !

Dans « la fée, la pie et le printemps », titre d’ailleurs très intriguant et qui prend son sens uniquement à la lecture du roman, tu abordes le thème des fées, et ta vision de cet univers est différente des plus populaires. Peux-tu nous présenter tes deux personnages principaux, Rêvage et Philomène ?
Ah ah ! Le titre ! S’il est intrigant c’est parfait… Mais je m’égare. Donc, les présentations.
Rêvage est une fée du printemps avec de grandes dents, des ambitions mégalomanes et un désir de liberté (et de pouvoir) si fortement chevillé au corps qu’elle y sacrifie tout. Absolument tout. Il faut dire qu’elle a connu des heures très sombres du monde des fées, et cela lui a forgé un caractère en acier !
Philomène, jeune, insolente est parfaitement amorale : elle ne voit le bien et le mal nulle part. Cela donne des résultats parfois fort discutables. Cependant, contrairement à Rêvage, elle reste capable de s’ouvrir aux autres. Elle est égoïste, mais elle peut changer. Un de ses problèmes est qu’elle n’écoute que sa propre intuition. Cela lui a beaucoup réussi mais elle va se rendre compte que le système a ses limites et que, parfois, il faut faire confiance aux autres. 
L’une est machiavélique, l’autre est armée d’un pistolet ensorcelé… C’est vrai qu’elles sont un peu « différentes » de l’imagerie classique ! Pour moi, les fées sont des créatures complexes, résultats de la sédimentation de mythes et de folklore, de ré-écritures littéraires ou religieuses… Par exemple, ma lecture du moment (Mythes Russes, d’Elizabeth Warner) souligne comment la rusalka, créature des légendes slaves, a évolué au fil du temps. Celle-ci a pu être présentée par des récits du XIXème comme une divinité des eaux proche des nymphes, ou une sorte de sirène. Pourtant, son origine la rattache plutôt aux fantômes. 
Ce sont ces « fées » qui m’intéressent : celles qui évoluent avec nous, dans nos cultures, nos folklores et qui nous accompagnent depuis la nuit des temps, dans les histoires que nous nous racontons pour expliquer les choses que nous ne compren(i)ons pas, pour nous mettre en garde, pour nous faire réfléchir aux conséquences de nos choix. 

Ces fées ont autant de qualités et de défauts que les humains, était-ce ta volonté ?
Oui, complètement. Dans ce roman, les fées sont abordées comme des symboles. Le symbole d’une certaine altérité, d’une façon d’envisager les choses différemment… Mais pour qu’un symbole soit parlant, à mon sens, il lui faut des racines humaines. Il me serait difficile de me retrouver dans les comportements d’êtres purement  angéliques ou démoniaques. J’aurais donc du mal à les écrire.

Ce qui m’a marqué dans ton roman, c’est le système narratif, tu alternes un point de vue omniscient et au présent à travers le personnage de Philomène, et un point de vue à la 3e personne du singulier quand il s’agit de Rêvage. Je trouve cela très respectable, et surtout, cela ne doit pas être facile à écrire. Comment as-tu fait pour respecter ce schéma ? As-tu appliqué des techniques spécifiques ?
J’avais envie de quelque chose de relativement immersif, sans pour autant être emprisonnée dans les « je » en permanence. C’est comme ça que la structure s’est mise en place. Philomène a naturellement pris la parole pour nous entraîner au plus près de l’action, pendant que Rêvage courait à droite et à gauche à la recherche de sa reine, sans avoir trop le temps de papoter.
Pour suivre ce schéma, j’avais la voix d’une copine d’atelier d’écriture dans la tête : « Respectez la contrainte ! Respectez-la bon sang ! »  Et c’était très efficace !
Les problèmes sont arrivés quand les deux fils de l’histoire ont commencé à s’entremêler grâce à un personnage qui va et vient entre les deux systèmes de narration. Là, il a fallu appliquer la technique des time line pour respecter les emplois du temps des uns et des autres – et parfois les décalages horaires. Je me suis fait un tableau des actions pour suivre le déroulé dans le temps pas à pas. Une des difficultés de ces allers-retours, c’est la construction des chapitres. Parfois, j’ai fait le choix d’avoir des chapitres au déroulé parallèle, et non pas en séquence, pour arriver à avoir des unités cohérentes. Par exemple, le chapitre durant lequel Philomène et la troupe s’installent en forêt est parallèle au corps à corps de Rêvage et d’un « mystérieux » personnage. 

L’histoire se déroule en Angleterre au XIXe siècle est ce que ce pays est propre à celui des fées ? Pourquoi avoir choisi ce lieu ? et cette époque ?
Adolescente, je me suis enflammée pour la littérature anglaise du XIXème. Les sœurs Brontë, Joseph Conrad, Jane Austen, Oscar Wilde… Je crois qu’il y a une sorte de retour au source dans ce premier roman : j’avais envie de me balader dans ces souvenirs. L’époque, elle, est venue du pitch sur lequel l’histoire a cristallisé : la plus grande souveraine du monde humain manque à l’appel pour monter sur son trône. Les fées sont derrière tout ça. Sans doute à cause de mes lectures, toujours, c’est l’image de Victoria qui s’est imposée à moi pour représenter cette souveraine incontournable de l’Histoire mondiale.
L’Angleterre est-elle le pays des fées ? Les créatures magiques courent sur toute la planète. Elles changent de forme et de noms, mais remplissent le même rôle. On peut croiser des fées à New York (Les petites fées de New York, de Martin Millar). A Paris (Fées Weed et Guillotines de Karim Berrouka). En Arizona (L’épouse de bois)… Pourtant, c’est vrai que  ma sensibilité me rapproche d’une vision de la fée « à l’anglaise », plus sombre et tourmentée qu’une fée clochette, ou qu’une bonne fée de contes. C’est quelque chose de purement personnel.

Tu n’es pas sans savoir que ton roman a été présélectionné pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire 2018. Ce prix a pour but de mettre en avant les littératures de l’Imaginaire, un sujet qui touche de plus en plus de lecteurs et auteurs de cet univers. Quelle est ta position à ce sujet ?
Pour moi, l’imaginaire – et donc les littératures associées – offre des pistes de réflexion intarissables : symbolique, psychologique, social, éthique… L’imaginaire permet de tout oser et de tout poser comme risques ou espoirs, de les disséquer et d’en voir les conséquences. Et puis, l’imaginaire est partout : dans les séries, les films, les jeux vidéos... la matière de Bretagne, les pièces de Shakespeare, les romans de Jules Verne, les opéras de Wagner… Bref :   l’imaginaire et sa littérature appartiennent à la culture – qu’elle soit officielle, underground, pop ou autre. La catégorisation des genres littéraires a tendance à en faire une sorte d’appendice à prendre avec des pincettes… Donc je trouve juste géniales toutes les initiatives qui visent à mieux faire connaître ces littératures de l’imaginaire. Communiquer, montrer les choses, les expliquer aussi, prendre le temps d’approfondir les démarches créatives… tout cela me semble nécessaire pour faire évoluer la façon dont on perçoit l’imaginaire.
(Et je suis super ravie de voir La fée, la pie et le printemps dans la sélection du PLIB2018 !)

De nombreux « nouveaux auteurs » utilisent les plateformes comme WattPad ou fyctia, ou bien font partie d’une communauté telle que celle de Cocyclics… as-tu utilisé également ces outils d’écrivains ?
Je suis abonnée à Cocyclics sur facebook, ainsi qu’à d’autres contenus orientés « pratique de l’écriture », mais je ne me suis pas lancée dans le grand bain des communautés internet ou des plate-formes de partage pour l’instant. Je participe à des ateliers d’écriture « in real life ».

Es tu une grande lectrice ? Quelles ont été tes plus belles découvertes en 2017 ?
Je suis une lectrice très lente surtout ! Je sélectionne, je tourne autour des œuvres pendant des mois. Quand je rentre dans un livre, je prends le temps de l’apprécier, de m’arrêter, de respirer dans son univers… Cette année, j’ai découvert, quelques millions d’années plus tard que tout le monde, Les fiancés de l’hiver, de Christelle Dabos (oh, le bonheur!) et aussi Anasterry d’Isabelle Bauthian, auquel j’ai furieusement accroché (trop hâte de lire la suite, Grish-Mère, qui sort bientôt). Et j’ai enfin lu la plume d’Estelle Faye dans « Un éclat de givre ». Ce livre a une ambiance tellement prenante : quelque chose de nostalgique, de tendre, d’onirique. Je suis sous le charme !

Quelle coïncidence, j' ai aussi découvert la passe miroir en 2017, et je viens tout juste de commencer "un éclat de givre"! Quant à Anasterry, il est dans ma pile à lire :) Est ce que tu utilises tu les réseaux sociaux pour échanger avec tes lecteurs ?
Je suis sur Facebook avec ma page autrice (@ElisabethEboryAutrice) et sur Instagramm, @ElisabethEbory.

Pour terminer, dernière petite question, quels sont tes projets littéraires ? Te verra-t-on dans des salons en 2018 ?
En ce moment, je travaille sur un deuxième roman dans l’univers de La Fée, la pie et le printemps. Le nœud central de l’intrigue tourne autour de l’obsession et du pouvoir de l’information. On mettra les pieds chez les fées, quelques temps après les événements déclenchés par Rêvage.

Les dates restent à confirmer, mais normalement, je devrais être en dédicace le 10 février sur Toulouse à la librairie Série B, et au salon de l’Imagina’Livres, à la faculté  Toulouse II, Jean Jaurés,  du 23 au 25 mars. Pour la suite, je ne sais pas encore !

Je te remercie infiniment d’avoir participé à cette interview, je te souhaite bonne chance pour le #PLIB2018
Un grand merci à toi !




vendredi 23 février 2018

INTERVIEW RUBERTO SANQUER #PLIB2018



Bonjour ! Aujourd’hui, je suis ravie de recevoir Ruberto Sanquer, autrice de « l’Aura Noire», roman pré-sélectionné pour le #PLIB2018.

Comment affronter le destin quand on est une ado comme les autres ?
Que l’on travaille d’arrache-pied pour devenir une sorcière-guérisseuse ?
Que l’on est amoureuse alors que c’est interdit ?
Qu’une terrible malédiction tue précisément tous ceux que vous aimez ?

Un démon majeur, tiré d’un sommeil séculaire, assoiffé de vengeance et de conquête, refait surface trois mille ans après l’Apocalypse qui a anéanti la Terre Arcane.
Dans ce nouvel univers, les arbres ont acquis une conscience, et les humains des pouvoirs singuliers. Ainsi en est-il de treize apprenties sorcières qui ignorent encore que le poids du monde repose sur leurs épaules. Et parmi elles, Louyse… choisie par la destinée pour barrer la route de cette force démoniaque.

Le nouvel opus « la marque rouge » est sorti le 08/02 chez Scrinéo.

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Bonjour Mip, je suis ravie de t’accueillir sur le blog ! ton premier roman « L’aura Noire » est paru en janvier 2017 chez Scrinéo. Combien de temps as-tu mis pour l’écrire?
Bonjour Hélène, c’est moi qui te remercie infiniment pour cette interview !

Pour répondre à ta question, il a fallu six mois pour écrire ce texte. Cela peut sembler rapide, mais L’Aura Noire est le « bourgeon » d’un univers plus vaste, le monde de la Terre Arcane, imaginé tandis j’attendais mon fils, il y a une quinzaine d’années. Depuis le temps, les personnages sont devenus mes « familiers » : je vis avec, je dors avec, j’en parle, je crois les voir au détour d’une rue… Et c’est un atelier d’écriture animé par celle qui allait devenir mon agent, Laure Pécher, qui m’a permis de m’atteler à la rédaction de l’histoire.


Dans ce livre de fantasy, tu évoques de nombreux thèmes : un univers post-apocalyptique dans lequel se mélange magie et écologie. Comment as-tu concilié tous ces éléments ? Est-ce difficile de créer un univers ?
Créer un monde ne pose pas de problème quand on est doté d’imagination : au contraire, c’est même jouissif. La difficulté consisterait plutôt à le mettre en forme. Consciente de mes lacunes, j’avais repéré un atelier d’écriture portant sur « Les techniques du roman » délivré par Laure Pécher, de l’Agence littéraire Astier & Pécher. Et c’est là que tout a commencé : j’ai pu acquérir du savoir et découvrir une communauté d’auteurs qui, depuis, sont devenus des amis très chers (et pour certains mes bêta-lecteurs, je rends d’ailleurs la pareille).
Quant aux thèmes développés dans les deux romans, ils me tiennent à cœur, notamment le respect de la Nature. Nous sommes de plus en plus nombreux sur cette planète, et si nous continuons à la souiller, notre sort ne sera peut-être pas différent de celui de la Terre Arcane. Savez-vous qu’avec le réchauffement climatique et la fonte des calottes glaciaires, le scénario catastrophe du basculement des pôles est plausible ?
Partant de là, il n’était pas difficile de songer que la Nature pouvait reprendre ses droits et les Arbres acquérir une conscience. L’idée est d’ailleurs dans l’air du temps, avez-vous lu le best-seller de Peter Wollenden : La vie secrète des arbres ? Vous seriez surpris par ce que vous pourriez découvrir !

Je reviens sur l’aspect magique de ton roman. Tu inventes tout un langage propre au monde des guérisseuses, avec des termes comme ringtrees, ringseys etc…
L’Aura Noire est d’abord l’histoire d’une apprentie-sorcière qui se prépare au Sabbat ! Ici, il n’est pas question de baguette magique – JK Rowlings l’a déjà fait avec le succès planétaire que nous connaissons.
Inventer une nouvelle forme de magie, quand on est auteure, est un privilège souverain. J’ai adoré imaginer les Ringtree, ces bracelets vivants dotés de conscience, avec lesquels mes 13 jeunes sorcières tentent de s’unir durant le Sabbat. Même en réussissant à traverser la Forêt Maudite, elles ne sont pas sûre d’en ressortir Ringseys - ou porteuses de Ringtree (mot au singulier même s’ils vont par paires), qui est la contraction de ring = anneaux, et tree = arbre.
L’idée que la magie soit tirée des forces élémentaires de la terre… me parle. Il existe une énergie qui fait tourner les mondes, couler la sève des arbres et nous donne le souffle de vie. Je me suis demandé ce que ça donnerait de pouvoir se connecter à ces forces. Comment fait un sourcier qui trouve un point d’eau ? Un rebouteux qui guérit une sclérose ? Et si nous pouvions aller plus loin dans cette symbiose, cela donnerait quoi comme nouveau monde ?
Dans cet univers où les sorcières toutes-puissantes ne cèdent le pas qu’aux reines et rois de ce monde, il était évident pour moi de leur prêter une magie tirant sa source de la nature, de la connexion avec ces forces primales qui permettent de revitaliser, soigner et guérir.

L’aura noire est un roman qui met en scène Louyse, une adolescente de 15 ans. De nombreux lecteurs ont évoqué que son langage les gênait, en comparaison au reste du texte. Que leur réponds-tu ?
Je suis bien contente que tu évoques ce sujet. C’était un parti-pris d’écriture de prêter ce langage ado très actuel à mes treize apprenties sorcières, en dépit du contexte économique « médiéval ». Comme l’histoire se situe 3000 ans après une apocalypse, pourquoi pas ?
Or les réactions du lectorat ont été tranchées : ou on adore, ou on déteste ! Ceux qui plébiscitent, ce sont d’abord mes très jeunes lecteurs. J’ai eu des retours enthousiastes d’élèves de collège qui ont vivement apprécié ces dialogues permettant une identification immédiate. L’autre partie de mon lectorat aurait préféré un registre de langage plus fondu avec une narration classique. Au final, j’ai eu autant de compliments que de critiques à ce sujet. Pour La Marque Rouge, j’ai choisi de ne pas soulever de polémiques, j’ai donc atténué cet aspect-là.

L’absence de visibilité et de médiatisation des lectures de l’imaginaire est un sujet qui touche de plus en plus  les intervenants de ce milieu. Quelle est ta position à ce sujet ?
2017 a été l’Année de promotion nationale des lectures de l’Imaginaire ! Grande lectrice, je suis la première à soutenir ce mouvement !
C’est pourquoi je suis honorée et touchée de figurer dans la sélection du PLIB : quelle idée géniale de lancer un prix décerné exclusivement par des bloggeurs et des booktubeurs. J’admire le travail important réalisé par cette communauté de passionnés qui véhicule la culture littéraire auprès de tous. Et il n’est pas question d’une élite intellectuelle : ça fait du bien J

D’ailleurs, il me semble que « L’aura Noire » était sélectionnée aussi pour d’autres prix ? Comment réagis tu en apprenant ces belles nouvelles ?
Je saute au plafond en criant de joie, je cours embrasser mon mari et mon fils et j’appelle tout de suite mes copines pour partager la nouvelle J Et ma mère , bien sûr… Ca, c’était quand j’ai appris que L’Aura Noire était sélectionnée pour le Prix Elbakin 2017 dans la catégorie « Meilleur roman français fantasy jeunesse ». Et je ne vous dis même pas quand j’ai su qu’il figurait dans la sélection du Prix Littéraire de l’Imaginaire 2018 J J J

Le tome 2, « La marque rouge » est sorti le 8 Février 2018. Avais-tu déjà bien avancé le roman avant de signer ce nouveau contrat ? As-tu des contraintes à respecter ?
Ce n’est tout à fait comme ça que ça se passe. Dans les contrats classiques d’édition, il y a une clause qui engage l’auteur à présenter 3 (ou 5) titres en priorité à l’éditeur avec qui il signe. Par exemple, après L’Aura Noire, je suis tenue de présenter à Scrineo mes prochains manuscrits. Pour autant, Scrineo n’est pas tenu de les publier s’il ne les aime pas. Mais j’espère bien qu’ils seront séduits par le troisième J  Ah oui, et au niveau des contraintes : Scrineo ne m’impose rien, c’est plutôt moi qui me motive pour ne passer laisser filer trop de temps entre deux romans.

Comment s’est passée ta recherche d’éditeur ?
J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un Agent Littéraire. Un agent vous représente auprès des maisons d’édition, gage que le texte n’est pas juste une esquisse. Laure Pécher donc, mon agent que j’adore, a confié le manuscrit de L’Aura Noire à Constance Joly qui est une éditrice free-lance (avec un super parcours chez de grands éditeurs) et spécialisée en Jeunesse et Young Adult. Et Constance a présenté le texte à Jean-Paul Arif, le fondateur de Scrineo, qui lui a tout de suite donné sa chance J

De nombreux « nouveaux auteurs » utilisent les plateformes comme WattPad ou fyctia, ou bien font partie d’une communauté telle que celle de Cocyclics… as-tu utilisé également ces outils d’écrivains ?
J’avoue que je ne suis absolument pas passée par ces plateformes. J’ai fait mes « armes » au sein de ma communauté d’auteurs, rencontrés lors des ateliers d’écriture. Nous sommes une petite dizaine. Après la fin des ateliers, nous avons continué à nous voir, à lire nos productions respectives, à les critiquer (dans un objectif constructif). Et nous nous aimons beaucoup. Entre nous, nous nous appelons « Les Ecriverons »… parce que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et en écrivant qu’on devient… écriveron !

Beau Néologisme ! Avec un tel univers à alimenter, as-tu le temps de lire ? Si oui, quelles ont été tes plus belles découvertes littéraires en 2017 ?
Je suis une dévoreuse de bouquins : lire me nourrit ! Mon gros coup de cœur de l’année 2017 est pour l’auteure Christelle Dabos, avec les deux tomes de La Passe-Miroir (j’ai commandé le 3ème tome pour la Saint-Valentin). Mais j’ai aussi découvert les auteurs Scrineo, tous talentueux et bardés de prix : Rod Marty, Aurélie Wellenstein, Estelle Faye, Carina Rosenfeld, Agnès Marrot, Cindy Van Wilder, Loic Le Borgne, et j’en oublie, pardonnez-moi. Un bouquin dédicacé de leur part, c’est quand même super émouvant !

Avant de terminer, où pourrons-nous te rencontrer en 2018 ?
2018 s’annonce en joie de ce côté-là ! Cela a commencé par la fête de lancement de La Marque Rouge à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre le 20 janvier, qui a été un moment de pur bonheur.
Ensuite en février, je serai les 2, 3, et 4,  au Festival du Film Fantastique de Gérardmer, invitée à participer au Grimoire, en tant qu’auteure. Et je ferai une radio le samedi 3 février, sur le créneau de 14h à 15h, depuis la Médiathèque. La journaliste Marie-Ange Archambaud a choisi de m’interroger sur le thème du rapport des auteurs aux youtubeurs J

Sinon, mon agenda 2018 de salon n’est pas encore entériné. Je suis invitée sur des beaux salons, mais je ne peux pas le dévoiler avant les annonces officielles !
UPDATE
- 16 Mars à Livre Paris
- Du 13 au 15 Avril au Festival Le Livre à Metz 
- Du 24 au 27 Mai aux Imaginales

Sur quels réseaux sociaux peut-on te trouver ?
Je communique essentiellement par Facebook, j’ai commencé à échanger sur Instagram, et j’envisage d’ouvrir un blog d’auteur. Mais je suis encore en « apprentissage de communication ». Entre janvier 2017, date de sortie de L’Aura Noire, et janvier 2018, sortie de La Marque Rouge… se sont écoulés 12 mois d’une incroyable intensité : je pense qu’il me reste beaucoup à apprendre pour améliorer ma visibilité sur les réseaux J

Je te remercie infiniment d’avoir participé à cette interview, je te souhaite bonne chance pour le #PLIB2018 ainsi que pour la parution de ton dernier roman « La marque rouge ».
Merci de tout cœur, chère Petite Elfe, de m’avoir donné cette occasion de partage !