lundi 29 janvier 2018

LA MAISON BLEU HORIZON DE JEAN MARC DHAINAUT #FANTASTIQUE

Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d'Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l'enquête bouleversante qui l'attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d'un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?


Alan Lambin, enquêteur du paranormal, nous entraîne dans une de ses aventures en Picardie, à Villers Bretonneux, où une mère de famille se plaint de présence de spectres dans sa maison….
Sans le #PLIB2018, je serai certainement passée à côté de ce petit coup de coeur ! Je dis un grand MERCI aux éditions Taurnada pour l'envoi de ce service presse numérique !

L’histoire prend place en 1985 et nous découvrons Alan Lambin, un enquêteur du paranormal breton, qui est amené à se déplacer en Picardie début janvier suite à l’appel d’Hélène Annereaux, mère de deux enfants. Des évènements étranges se déroulent dans sa maison avec l’apparition de spectres.

Ce livre avait tout pour m’attirer : - La Picardie : Mes parents étant originaires de là-bas, j’avais envie de me plonger un peu dans leur région. Même si je n’ai jamais visité Villers Bretonneux, je sais que mon cousin de cœur y a vécu quelques années.

 Ensuite, le thème : j’aime les histoires de fantômes, du moment qu’elles ne sont pas ultra flippantes. (Entre nous, j’adore les histoires d’amour avec la présence de fantômes, j’avais même commencé à écrire une nouvelle sur ça il y a deux ans) Donc ni une ni deux, lorsque Taurnada m’a fait parvenir le roman en numérique, je me suis jetée dessus dès que ma lecture précédente (le souffle de Midas, d’Alison Germain) était terminée. Et j’en profite pour remercier Joël pour sa confiance !
Enfin, Jean Marc Dhainaut m’a également entraîné dans un monde « parallèle » que je connais peu : la première guerre mondiale et la dure réalité des tranchées….

«  Maman ! Maman ! Il est là ! »
Il faisait froid en ce matin du 4 janvier 1985. Les bulletins météo à la télévision et à la radio ressassaient en boucle l’arrivée de la neige. Ils appelaient à la prudence pour quiconque devait prendre la route, mais ignoraient encore l’ampleur de cette vague de froid qui menaçait à l’horizon.
Thomas, cinq ans, s’était encore réveillé brutalement, comme presque chaque nuit vers cinq heures du matin. »

J’ai tout de suite été happée par ce roman. Déjà, j’ai beaucoup apprécié le contexte, et je me suis empressée d’aller vérifier sur Internet si cela s’était réellement produit : la vague de froid qui a frappé la France en Janvier 1985. Alors personnellement, j’avais 3 ans et j’habitais à Chamonix. J’ai demandé à mes parents qui n’ont pas le souvenir d’avoir été particulièrement touchés par cette vague de froid. Cela dit, ça s’est vraiment produit, avec des températures atteignant les -20/23° !! Et vous, l’avez-vous vécue ? Cette météo apporte au récit une dimension supérieure, un terrain où la neige et le brouillard viennent se mêler à l’intrigue de la hantise. On ressent le froid, notamment lors d’un passage où Alan doit aller chercher une lampe à pétrole dans l’annexe du jardin et où il aperçoit d’autres traces dans la neige, alors que tout le monde est en sécurité dans la maison. Cela m’a donné froid dans le dos !

J’ai énormément aimé la façon dont l’auteur aborde le paranormal. Alan Lambin est un enquêteur rationnel, qui a pour conviction qu’  « un fantôme n’est pas quelque chose que vous voyez forcément,  mais que vous pouvez simplement ressentir, qu’il se manifeste ou non. Et puis, avant d’envisager la présence d’une hantise à proprement parler, il convient avant tout d’étudier une affaire de fond en comble, et surtout d’écouter attentivement les personnes qui en sont témoins, sans les juger. » Muni de ses nouveaux appareils à ultra-sons, il part donc enquêter dans cette maison. Mais dès son voyage, des choses étranges lui arrivent, à commencer par un rêve dans lequel il se retrouve au cœur des tranchées de la première guerre mondiale…

La thématique de la guerre a une place importante dans l’intrigue. Je ne vais pas vous cacher qu’en général, je ne lis jamais de romans qui traitent de ces thèmes car je suis trop sensible, mais là, cela s’imbriquait très bien à l’histoire. Etrangement, au fil de son enquête, Alan se retrouve projeter dans des rêves où il découvre l’histoire d’un soldat du 151e régiment, qui le voit également et ne comprend pas la présence de cet homme habillé en tenue de ville. Alan est emporté dans la tourmente de ce soldat sans comprendre comment cela a bien pu se produire.

Tous ces évènements vont se trouver liés, et pendant ma  lecture, j’ai mis en place de nombreuses théories, qui se sont avérées vaines ! Car Jean Marc Dhainaut a si bien tissé son intrigue  que j’ai eu plusieurs révélations très surprenantes !



J’ai visualisé chaque scène, chaque personnage, chaque phrase de ce roman ! J’ai apprécié ces protagonistes bien dépeints : les membres de la famille avec notamment la mystérieuse Mélanie, leur domestique mais aussi Lascar le chien : ils semblent être unis, malgré la récente absence du père. Hélène est mère de deux enfants : Thomas, 5 ans, qui a une immense peur du feu, et Peggy, 13 ans, qui est en plein âge de l’insolence et qui ne comprend pas la présence de l’enquêteur car pour elle, c’est un charlatan. Nous rencontrons aussi Joseph, qui est le personnage qui m’a le plus intrigué et dont l’histoire est triste. Louise m’a particulièrement émue mais je ne peux en dire plus. Et j’ai aussi apprécié le suspens supplémentaire qu’apporte Félix en 3e partie de roman ! Tout se passe principalement à Villers Bretonneux. Pourtant Alan emmène avec lui la fraicheur bretonne ! Ses habitudes de langage avec l’expression « nom d’une pipe » m’a bien fait rire, et m’a, malgré l’absence de jurons, rappeler le capitaine Haddock dans Tintin.


L’écriture est efficace, on alterne descriptions de phénomènes paranormaux et dialogues, on flotte entre la hantise, les rêves d’Alan, les échanges avec son ami Paul et quelques habitants du village. Tout est bien cadencé et fait vivre au lecteur un superbe moment ! 

Et la fin... on en parle les amis ? Je l’ai trouvé absolument géniale, très mystérieuse, qui retourne le cerveau ! Autant dans l’étonnement que dans l’émotion, j’ai trouvé qu’elle était parfaite pour cette histoire d’hantise.
Vous l'avez sûrement compris, "la maison bleu horizon" est mon premier coup de coeur de l'année! Je lirai probablement l'autre roman de Jean Marc Dhainaut : "Au delà d'un destin"
ainsi que son prochain roman qui nous entraîne dans une nouvelle aventure avec Alan : "Les prières de sang " et qui paraîtra cet été chez Taurnada. 

dimanche 28 janvier 2018

INTERVIEW NADIA COSTE #PLIB2018


Je suis très heureuse de partager avec vous l'interview de Nadia Coste, une autrice jeunesse qui vit près de Lyon et dont j'apprécie chacune de nos rencontres que ce soit réelles ou à travers ses romans! Cette interview se déroule dans le cadre du Prix Littéraire de l'Imaginaire BooktubersApp 2018 (#PLIB2018) J'ai lu l'effet Ricochet, que j'ai proposé durant la phase de pré-sélection, et j'avais donc très envie de vous permettre de la découvrir et/ou d'en apprendre plus sur elle!

Quand elle était petite, Nadia Coste avait beaucoup d’imagination, mais elle n’aimait pas lire. Le déclic n’est venu qu’à dix-huit ans, en découvrant les littératures de l’imaginaire. Depuis, elle est convaincue qu’il suffit de rencontrer le roman qui nous correspond pour basculer dans le monde des lecteurs…
Elle est l’auteur des séries Fedeylins (Gründ, 2011), Les Yeux de l’aigle (Gründ, 2012), ainsi que des romans Le Premier (Scrineo, 2015), L’Empire des Auras (Le Seuil, 2016), Seuls les alligators vous
entendront crier (Scrineo, 2016) et L’Effet Ricochet (Le Seuil, 2017). Ascenseur pour le futur (Syros, 2014) lauréat du prix Plume Jeunesse du Chapiteau du Livre, du Prix Jeunesse de Lire en Poche en 2015, ainsi que du Prix Bouquin Malin 2016, a été nominé au Prix des Incorruptibles 2015/2016 en catégorie CM2-6e. Nadia Coste est fan de Robin Hobb, a une passion pour le thé, et se drogue au chocolat. Elle a atteint la période de sa vie où il devient malpoli de lui demander son âge, mais si vous êtes bon en maths sachez qu’elle est née en 1979. Elle a grandi près de Lyon, où elle vit toujours avec son mari et leurs trois enfants. (Source : www.lesincos.com) 

-          Tu es une autrice très prolifique, mais ta découverte de la lecture est apparue tardivement, peux tu nous en dire plus ? 

Alors, effectivement, quand j’étais petite, je n’aimais pas lire. J’étais moyenne à l’école, et plutôt nulle en orthographe. Je n’ai découvert qu’assez tard (vers 18 ans) qu’en réalité, je n’aimais simplement pas les livres qu’on m’obligeait à lire ! Le déclic s’est fait en découvrant les littératures de l’imaginaire… et là, je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de retard à rattraper !
Plus je lisais, plus je lisais vite, moins la lecture était douloureuse, et plus le plaisir était grand !
Par contre, j’avais toujours eu des histoires plein la tête (je m’en servais pour jouer, quand j’étais petite…). Quand j’ai commencé à lire vraiment, j’ai eu l’impression que ces histoires existaient déjà dans des romans (mais je ne savais pas encore dans lesquels). Jusqu’à ce que je me rende compte que non, ces histoires étaient dans ma tête et pas dans celle de quelqu’un d’autre ! J’ai donc retroussé mes manches et je me suis lancée, d’abord pour moi, comme des exercices pour progresser, puis comme un « vrai travail »…
Depuis, j’ai publié vingt romans ! 

-          Je trouve ton parcours de lecteur/autrice incroyable!  J'imagine que cela peut inspirer de nombreuses personnes qui sont réticentes à la lecture!! Du coup, cela te fait combien de livres  par an ?
Ça dépend des années. Et c’est difficilement quantifiable car je travaille sur plusieurs projets en même temps (quand le premier jet de l’un se repose, j’en corrige un autre…). On va dire de deux à quatre. Ça dépend aussi de la taille du roman (et/ou de l’âge du lecteur).
J’écris assez vite, puisqu’en phase de rédaction, j’écris en moyenne un chapitre par jour (le premier jet d’un petit roman peut donc être finalisé entre 10 jours et un mois !). Mais, en général, il se passe deux ans entre la première idée et la publication d’un roman.

-          En tant qu'autrice spécialisée en jeunesse, tu interviens souvent en milieu scolaire , peux tu nous raconter une anecdote sur ces rencontres ?
Alors… j’ai fait beaucoup de rencontres pour « Ascenseur pour le futur » avec des CM2 et des 6ème. Mes souvenirs sont quasiment tous très positifs. Je pourrais parler des ascenseurs bricolés en carton (j’en ai des super), ou de l’émotion ressentie lorsque des élèves ont joué une scène du roman (j’ai failli pleurer), ou encore de la remise du prix Bouquin Malin à Oloron Ste Marie, où j’ai fait face à une salle de spectacle complète d’enfants en train de crier et m’applaudir… mais lors de mes rencontres, il y a un garçon en particulier qui m’a demandé de mettre son prénom dans un livre. Je ne sais pas si c’est la façon dont il me l’a demandé, ou toute la souffrance que j’ai sentie lorsqu’il m’a expliqué qu’il ne voyait jamais son prénom à lui dans un livre, ni même dans le moindre exemple de ses manuels scolaires, mais il s’est passé quelque chose.
Ce garçon s’appelait Ayrton, et c’est le prénom du héros dans « Papa de papier » dont je vous parle un peu plus tard J

-          C'est super touchant, ce sont des moments très marquants, et empreints de reconnaissance :) Du coup, cela nous entraîne vers la prochaine question justement, avec ces interventions scolaires, les salons, ta famille, ton travail.. comment arrives tu à conjuguer tout cela? 
Difficilement !
Dans une journée type : j’emmène mes enfants à l’école, je vais à mon « autre » travail, je récupère mes enfants (s’en suit une phase de devoirs/ménage/préparation de repas/course aux diverses activités des uns et des autres), puis, quand mes enfants sont couchés, je vais travailler (entre 21h et 23h). Ça peut être de la rédaction pure, des recherches, des corrections, ou du traitement administratif lié à ce second métier (mails, déclarations AGESSA ou autres joyeusetés).
J’ajoute à cela quelques salons le week-end, des interventions scolaires de temps en temps, et les « corrections à rendre pour demain » qui prolongent la plage horaire jusqu’à deux heures du matin…
Bref, il me manque une phase de repos, et pas mal de sommeil, car je tiens ce rythme depuis plusieurs années maintenant.

-         Mais alors, tu es une de ces WonderWoman ?! Pour aborder un thème plus général concernant la littérature de l'imaginaire, que penses-tu de sa place dans notre société actuelle ?
C’est terrible parce qu’elle est encore vue comme une sous-littérature (et je ne parle même pas des romans pour la jeunesse en mode « écrire pour les enfants, c’est facile ! »). Le grand public déclare souvent qu’il n’aime pas la SF, mais la plupart des personnes vous diront avoir adoré Avatar, Alien, Retour vers le futur, Star Wars ou les Avengers… En fait, l’imaginaire est partout au cinéma ou dans les séries (il n’y a qu’à voir le succès de Game of Thrones ou The Walking Dead), mais on dirait que dès qu’il s’agit de romans, c’est différent !
Il y a les lecteurs qui ont peur de ne rien comprendre (« la SF, c’est une succession de formules mathématiques, je n’y connais rien ! »), ceux qui pensent que l’imaginaire est réservé aux enfants (« mon fils ne lit que de la fantasy… j’aimerai qu’il passe à autre chose, qu’il grandisse un peu ! »), ceux qui pensent que ce n’est pas sérieux…
Les lecteurs qui s’y intéressent un minimum savent bien que ce n’est pas vrai. Que ce n’est pas grave d’aimer lire uniquement de la SFFF à l’âge adulte (on ne dit rien à ceux qui ne lisent que des polars, par exemple !). Que c’est une littérature très riche. Qu’il y a beaucoup de romans accessibles (et des ouvrages plus pointus pour ceux qui le veulent). Que chacun peut y trouver son bonheur, aussi bien pour s’évader dans quelque chose de léger que pour réfléchir sur notre monde actuel.
Je ne sais pas comment faire changer les mentalités. Peut-être en expliquant aux lecteurs de littérature « blanche » qu’un personnage de trentenaire parisien divorcé est, de toute façon, un personnage inventé, et que son histoire, c’est déjà de l’imaginaire ? Insister sur la différence entre réel et réaliste ? (que même une biographie est romancée, donc pas tout à faire réelle ? Et qu’une histoire de fantasy, même si elle n’est pas réelle, est réaliste dans le monde proposé ?).

-          Tes romans « Les élémentaires » et « L’effet Ricochet » ont été nommé en phase de préselection pour le #PLIB2018.  Quelle fut ta réaction ? Qu’est ce qui t’a inspiré ces histoires ?
Honnêtement, je suis SUPER contente. Déjà, je fais la danse de la joie chaque fois qu’on m’annonce qu’un de mes romans est nominé à un prix. Mais quand, en plus, j’ai su qu’il s’agissait des coups de cœur des blogueurs qui avaient eux-mêmes proposé des romans, j’ai trouvé ça encore plus fort !
Maintenant, j’attends de voir la short-list des 7 finalistes…
Ces histoires sont très différentes et sont nées de deux envies différentes.
Pour L’Effet Ricochet, j’avais envie de travailler sur le clonage, mais en partant du principe que les clones se ressemblent moins que des jumeaux (quand j’ai lu un article sur ce couple d’Américains qui avaient voulu faire cloner leur magnifique chat roux, et qui avaient eu un bébé chat gris et blanc… j’ai eu envie d’écrire quelque chose de différent de romans classiques autour du clonage où les clones sont des photocopies de leurs parents ou bien sont nés à but thérapeutique).
Le point de départ du roman vient de mes filles, qui ont 8 ans d’écart, mais se ressemblent comme deux gouttes d’eau au même âge. Ma fille aînée est tombée quand elle avait deux ans, et s’est ouvert les lèvres. Rien d’extraordinaire. Elle est tombée, une semaine plus tard, et a rouvert la blessure, ce qui lui a laissé une marque (et fait que je m’en souviens). Lorsque ma petite dernière est tombée, à deux ans, et s’est ouvert les lèvres… j’ai trouvé la coïncidence extraordinaire. Et c’est parti de là ! Combien de petits bobos pourraient arriver à deux clones qui se ressemblent comme des frères et sœurs avant qu’on réalise qu’il y a un lien ? J’ai déroulé le fil de la pelote à force de questions, de « et si ? »…
Pour Les Élémentaires, c’est très différent. Même si le roman a été publié en 2017, c’est une histoire que je porte depuis… bien avant ma première publication. À l’époque, j’étais encore très active au sein du Collectif CoCyclics. J’avais écrit mon premier roman (La tétralogie Fedeylins) et le roman cherchait son éditeur pendant que je passais à autre chose. J’écrivais quelques nouvelles… et il y a eu un appel à textes pour une anthologie sur le thème « Boules de feu et droits sociaux ». Le thème m’a tellement amusé que j’ai créé cet univers de fantasy un peu décalé ! J’ai écrit une nouvelle (« Les rats de glace ») en me disant que, si elle était acceptée pour l’antho, j’écrirais un roman dans le même univers. J’ai eu un oui ! Mais l’antho ne s’est jamais faite, finalement. Tant pis, j’ai quand même avancé sur le roman !
Mais il ne fonctionnait pas, alors je l’ai mis de côté (après quand même 4 ou 5 versions différentes). Je crois que c’est après avoir vu « La Reine des Neiges » que j’ai compris ce qui ne fonctionnait pas (mon personnage principal ne souffrait pas assez !). J’ai donc repris le roman, des années après, et j’ai trouvé un axe qui me satisfaisait plus.

-    Avec tous ces projets d'écriture, as tu le temps pour lire ? Quelles ont été tes plus belles découvertes en 2017 ? 
J’essaye de lire régulièrement (je crois tourner à 1 roman par semaine environ). Ce qui doit donner à peu près 50 bouquins par an, ce qui me semble pas mal ^^
Donc je ne me classe pas dans les lecteurs qui tournent à 200 romans par an, mais je ne suis pas une petite lectrice pour autant !
Mes plus belles découvertes 2017 ? Hum, je dirais :
·         La trilogie « Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous » de Nathalie Stragier (je me suis régalée avec les trois tomes à la fois légers et tellement importants sur le féminisme)
·         « 1749 Miles » de Fabienne Blanchut (j’ai pleuré un max en lisant cette fiction adaptée de l’histoire du premier chimpanzé envoyé dans l’espace)
·         « Saving Paradise » de Lise Syven (une intrigue haletante aux persos attachants… je suis fan !)


-          Merci pour ces recommandations, que j'ajoute à ma wishlist (sauf Saving Paradise dont j'ai déjà lu le tome 1 et que j'avais également adoré!) J'arrive à ma dernière question : quels sont tes projets  d’écriture / parutions ssur 2018 ?
Alors ! En janvier, « Papa de Papier » aux éditions Syros. C’est un roman à destination des lecteurs à partir de 10 ans, autour de la maltraitance et des dessins qui deviennent réels (ou pas).  Un texte fort où on se raccroche à l’imaginaire pour supporter des situations difficiles au quotidien.
En avril, aux éditions Castelmore, « Ma pire semaine de vacances », un texte plus léger (quoique) autour d’un groupe de cousines en vacances… et d’insectes mutants ! De l’aventure en famille, de l’écologie (forcément), tout ça, à partir de 10 ans.
Et pour les plus grands (ados et adultes), juste avant l’été, « Poumon Vert » aux éditions du Seuil (comme « L’Effet Ricochet »). Un roman autour de la vie, l’amour, la mort et les… plantes. Encore de l’écologie, mais cette fois-ci dans le futur, avec une thématique forte autour du deuil. J’espère qu’il vous plaira !

Merci infiniment Nadia pour avoir participé à cette interview! Si vous désirez la suivre sur les réseaux sociaux rien de plus simple, vous la trouverez sur facebook, sur twitter et sur son blog très actif!

Et pour en savoir plus sur mes avis sur ses romans :
L'effet Ricochet
Seuls les alligators vous entendront crier

mardi 16 janvier 2018

CHRONIQUES HOMERIDES T1 : LE SOUFFLE DE MIDAS, D'ALISON GERMAIN #URBANFANTASY

"Entre tes mains, fille d’Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux."
Avant de parler de ce que j'ai pensé de cette lecture, je tiens une nouvelle fois à remercier mon amie Claire pour m'avoir très gentiment offert ce roman, qu'elle m'a fait dédicacer lors des Hallienales ! 

Les Chroniques Homérides, j'en entends parler depuis quelques années maintenant, principalement sur la chaîne booktube d'Alison : Lili bouquine. Passionnée de mythologie , elle avait  son histoire depuis longtemps, et elle a pris le temps de la travailler, pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Ce sont les éditions du chat noir qui lui ont donné sa chance d'être publiée. Connaissant un peu le travail de qualité de cette maison, j'avais donc peu de doute sur l'histoire de Louise et de son souffle de Midas.  

Dans ce récit, on découvre Louise, une femme d'un peu plus de 20 ans, qui vit dans les Cornouailles anglaises, plus précisément à Falmouth (Ouiiii j'ai pu visiter un peu cette région, j'avais adoré! Selon les coins, on ressent énormément de mystères et cela permet de faire parler son imagination!)


Etudiante, elle comble ses heures libres en travaillant dans une boutique ésotérique qui vend principalement minéraux et pierres précieuses. Autant vous dire que cette première approche m'a beaucoup plu! Mon amour pour l'Angleterre est indemne depuis plus de 15 ans maintenant, et j'aime tout ce qui se passe là bas! J'ai aussi été très surprise d'apprendre qu'Alison s’intéresse à ce domaine! J'ai trouvé cela original, même si l'ésotérisme rappelle très vite la sorcellerie, et donc certaines sagas chouchous de l'autrice (comme Outlander de Diana Gabaldon, ou le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness) Mais la référence s'arrête là, puisque Lili ne nous entraîne pas dans une histoire de magie, mais dans la mythologie grecque.... Un soir, en rentrant chez elle, Louise va être témoin d'un meurtre et va être blessée en voulant s'enfuir. Le lendemain, elle se retrouve saine, dans son lit, mais personne ne croit en son histoire puisque le corps de la victime a disparu, et qu'ils ont retrouvé Louise bien plus loin que là où elle prétendait être. De plus, elle découvre sur elle de la poussière d'Or. Qu'est ce que cela veut dire? La seule personne qui va la croire est Angus Fitzgerald, un détective privé...

J'ai trouvé cette lecture plaisante, déjà par l'écriture très soignée :  Aucune répétition, on sent qu'Alison s'est appliquée sur chaque phrase, chaque réplique, chaque description. Cela dit, j'ai ressenti une gêne au bout d'un moment. A force de travailler l'écriture, j'ai trouvé qu'elle perdait de la spontanéité, et que l'ensemble était peut être un peu trop "scolaire" (ne pas le prendre au sens péjoratif, mais dans le sens où c'est trop sous contrôle) et lorsque certaines scènes devaient être émouvantes, ou émoustillantes.... Je n'ai malheureusement rien ressenti. 

L'approche de la mythologie grecque est intéressante, et c'est ce point qui intéressera nombre de lecteurs.   Il est rare, en urban fantasy, de découvrir des récits qui présentent d'autres créatures que les vampires, les loups-garous, les fantômes, les zombis, les faës etc... Ici, on est en plein dans les légendes d'Homère. elle nous rappelle quelques mythes avec beaucoup de simplicité, et ce fut un plaisir de redécouvrir ces histoires (notamment celle de Midas). La suite de l'aventure devrait nous emmener dans la cité d'Hestiapolis et j'ai hâte d'en apprendre plus sur la mythologie et sur l'univers réinventé par Alison! J'ai vraiment trouvé l'approche fantastique bien amenée, et originale.

Il y a de nombreux personnages principaux, et secondaires. Tout d'abord Louise. L'histoire étant écrite d'un point de vue omniscient, nous découvrons tout en même temps et nous nous prenons d'empathie pour cette jeune femme qui n'a rien demandé et va voir sa vie chamboulée du jour au lendemain. Et le souffle de Midas, dont elle a hérité, est aussi bien un don qu'une malédiction! Difficile d'avoir une vie classique avec un tel pouvoir, surtout quand on ne sait pas le maîtriser.. 


Angus m'a bien intrigué et attiré! Sa relation avec Louise est ambigüe, passant d'un rôle de protecteur sous son étiquette de détective privé, à celui de séducteur en ne laissant pas la jeune femme indifférente.

Je me pose énormément de questions sur Jasmine, Moira et surtout Nicholas O'Flammel.. Ce nom est il si innocent que cela ou y-a-t-il un lien avec l'alchimiste?  

La fin arrive assez vite par rapport au reste du récit (il faut passer une centaine de pages pour entrer dans le vif du sujet) et m'a laissé sur une belle surprise! Vivement la suite :)  


Les Chroniques Homérides est un dyptique écrit par Alison Germain, aka Lili Bouquine.. On prend le temps de découvrir l'univers crée par Alison Germain. Mythologie, course-poursuites, prophéties, personnages intriguants, voyage en Europe, cité perdue... Ce roman plaira à de nombreux lecteurs aimant l'urban fantasy et souhaitant découvrir un univers rarement utilisé dans le genre. Pour un premier roman publié, je salue le travail d'Alison Germain sur le soin apporté à son écriture et son univers! 

Roman en lice pour le Prix Littéraire de l'Imaginaire BooktubersApp
#PLIB2018
#ISBN:9782375680537

lundi 8 janvier 2018

BOUDICCA DE JEAN LAURENT DEL SOCCORO #FANTASY #HISTORIQUE #PLIB2018


Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?


À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.


















Connu pour son premier roman paru en 2015 " Royaume de vent et de colère", qui a reçu le prix Elbakin, j'étais intriguée et j'avais envie de découvrir la plume de Jean Laurent Del Soccoro. Lorsque, lors d'une rencontre, il m'a expliqué que Boudicca était une femme celte qui a vécu en l'an 1 après JC  , il ne m'en a pas fallu plus pour me le procurer. 


J'ai commencé ma lecture peu de temps après avoir lu "La fée, la pie et le printemps" qui proposait les premiers chapitres de Boudicca. Et le début était un peu bancal, surtout à cause de cette phrase qui introduit le premier chapitre :  
 La victoire d'Antedios sur Cubobelin est telle que l'ogre trinovante doit finalement devenir client du lièvre icène.
Avouez que lorsque l'on manque de connaissance historique, on se demande où on met les pieds :)

En gros, voilà à quoi ressemblait l'Angleterre en l'an 1 ap JC :
  

Les Icenes étaient dirigés par Antedios, le père de Boudicca. Sa femme étant morte en couches, il eut beaucoup de difficulté à se lier à sa fille unique. 
Les trinovantes sont un clan plus au sud, dirigé par Cunobelin.

Chaque clan était soit soumis, soit opposés aux Romains qui tentaient de commercer avec la Brittania. C'est dans ce contexte historique que l'on découvre la vie de Boudicca, à travers quelques 270 pages. 

Reine, femme, amante et toujours fille du roi, je suis trop de choses à la fois pour être vraiment moi. J'oublie alors ces Boudicca qui me hantent pour n'être que la moitié de cette jouissance, le second de ces deux corps haletants qui s'étreignent dans la sueur et le plaisir.


Dans sa dédicace, l'auteur me demande qui de la Reine, de l'Amante ou de la Guerrière je préfère.. et bien je dois dire toutes, puisque Boudicca n'est qu'une seule entité, au fort caractère, insoumise, engagée, libre et éduquée. 

Le roman est découpé en trois parties, ce qui permet de se focaliser sur chacune de ses facettes. La première vollute nous présente l'enfance de Boudicca, jusqu'à ce qu'elle prenne le pouvoir.
La seconde nous la présente dans son rôle de femme, d'amante, de guerriere.

Puis dans la dernière partie, nous la découvrons en tant que Reine insoumise, en tant que rebelle face à l'armée romaine. J'ai été bouleversée lorsque les Romains viennent demander leur dû, c'est un passage horrible, je n'ose imaginer la souffrance des victimes et j'ai trouvé que Jean Laurent transcrivait bien les émotions puisque j'ai eu la boule à l'estomac et les larmes aux yeux. Mais Boudicca s'est relevée et a emmené son armée se rebeller contre l'Empereur. Ses actions sont allées très loin, et une statue a été érigée en son nom à Londres. 

JL Del Soccoro a fait beaucoup de recherches sur cette époque de l'Histoire et sur cette femme, afin d'offrir aux lecteurs un récit proche de la réalité, bien que parsemé d'éléments de fiction. 
Ainsi, il a pris la liberté de laisser la sexualité de ces personnages libres, ce que j'ai beaucoup apprécié, mais il introduit également des sortes de rêves, d'illusions, que réalise Boudicca afin d'apercevoir le futur. Les druides présentés ici sont aussi fictifs.





Je suis ravie d'avoir appris un pan de l'Histoire, et d'avoir découvert une femme intelligente, cultivée, combattante. Ce récit, d'ailleurs plaira avec certitude aux féministes.


Pour en savoir plus sur la génèse du livre, je vous renvoie à cette interview réalisée pour ActuSF. 


Roman en lice pour le Prix Littéraire de L'imaginaire BooktubersApp
#PLIB2018
#ISBN:9782366298376