dimanche 17 avril 2016

La mort est une femme comme les autres, de Marie Pavlenko






Je remercie chaleureusement les éditions Pygmalion qui m’ont offert la possibilité de lire le roman de Marie Pavlenko : La mort est une femme comme les autres !


Connaissant Marie Pavlenko dans un genre jeunesse avec « le livre de Saskia » et « la fille sortilège », j’avais envie de la découvrir dans un registre plus contemporain, et je fus bien servie par ce récit ! Entre sarcame et réflexion sur la mort, Marie Pavlenko nous offre un roman plein d’humour et de justesse !

Dans LMEUFCLA, Marie Pavlenko nous présente un personnage charismatique, qui pousse chacun d’entre nous dans de nombreuses réflexions : la mort, prénommée ici Emm. Mais voilà, Emm en a marre, elle fait une dépression, un burn-out. Elle se rebelle et décide de ne plus faucher d’humains. C’est alors que les ennuis commencent.
Le récit attaque directement dans un centre gériatrique, où une famille accompagne la grand-mère dans la phase finale de la vie. Sauf que la petite mamie refuse de mourir. Du moins c’est ce que pensent son médecin, et certains membres de la famille. Car madame résiste à tout, même à l’extinction de sa respiration artificielle… En voilà une chose rare. Mais lorsque ce phénomène se propage à tout le service, et que le Directeur se retrouve à refuser des admissions en soins palliatifs, autant vous dire que le monde se pose vite des questions.
Non seulement ce phénomène touche les personnes âgées, mais également les accidentés qui auraient dû y rester, ou les malades en phase terminale.
Et lorsque Suzie, qui vient d’apprendre qu’elle est en phase bien avancée d’un cancer, découvre que les gens ne meurent plus, elle y voit là une étincelle qui la raccroche à la vie… sa vie qui basculera lorsqu’elle rencontrera en chair et en os Emm..

Ce récit est une pépite d’humour ! J’ai rigolé du début à la fin, en dépit du thème grave et qui d’un point de vue personnel me fait terriblement peur, mais Marie Pavlenko parvient à emmener le lecteur sur des pistes de réflexions qui permettent d’accepter à un certain niveau ce final de toute vie…
Emm est vraiment très terre à terre, ce qui porte de nombreuses discussions à confusions, étant donné qu’elle prend tout au premier degré ! De plus, il faut dire que sa faux ne manque pas de mordant et que leurs échanges sont à « mourir » de rire, si je peux abuser de cette expression ici.
Imaginez une seconde, Emm qui se balade parmi les humains souffrant, qui se rend en consultation psychiatrique, qui cherche à réaliser des petits gestes humains qu’elle n’avait jamais accompli auparavant, et qui pour la première fois va entrer en interaction réelle avec Suzie, qui lui fera découvrir ce qu’est l’amitié et la gentillesse…
Suzie est un personnage auquel on s’attache rapidement, et son histoire est touchante ! Les personnages sont peu nombreux mais suffisamment caricaturaux pour transmettre les messages de l’auteure, telle la mère d’Anatole pour ne citer qu’elle…

Au-delà de l’humour, Marie Pavlenko m’a permis de voir sous un angle plus grand ce que serait la vie si nous étions tous immortels, ou dans l’incapacité de mourir, et cela serait finalement très obscur. Surpeuplement pour commencer, mais également vivre dans la souffrance perpétuelle, ou encore dans la paranoia.. On observe d’ailleurs dans le livre la dérive du cerveau humain qui ne sait pas comment affronter ce phénomène.

Ce roman est une bouffée d’air frais et je ne m’attendais pas à découvrir ce côté très sarcastique chez Marie Pavlenko.
Je découvre à travers ce roman une auteure très surprenante, qu’il faut absolument découvrir !





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