vendredi 23 février 2018

INTERVIEW RUBERTO SANQUER #PLIB2018



Bonjour ! Aujourd’hui, je suis ravie de recevoir Ruberto Sanquer, autrice de « l’Aura Noire», roman pré-sélectionné pour le #PLIB2018.

Comment affronter le destin quand on est une ado comme les autres ?
Que l’on travaille d’arrache-pied pour devenir une sorcière-guérisseuse ?
Que l’on est amoureuse alors que c’est interdit ?
Qu’une terrible malédiction tue précisément tous ceux que vous aimez ?

Un démon majeur, tiré d’un sommeil séculaire, assoiffé de vengeance et de conquête, refait surface trois mille ans après l’Apocalypse qui a anéanti la Terre Arcane.
Dans ce nouvel univers, les arbres ont acquis une conscience, et les humains des pouvoirs singuliers. Ainsi en est-il de treize apprenties sorcières qui ignorent encore que le poids du monde repose sur leurs épaules. Et parmi elles, Louyse… choisie par la destinée pour barrer la route de cette force démoniaque.

Le nouvel opus « la marque rouge » est sorti le 08/02 chez Scrinéo.

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Bonjour Mip, je suis ravie de t’accueillir sur le blog ! ton premier roman « L’aura Noire » est paru en janvier 2017 chez Scrinéo. Combien de temps as-tu mis pour l’écrire?
Bonjour Hélène, c’est moi qui te remercie infiniment pour cette interview !

Pour répondre à ta question, il a fallu six mois pour écrire ce texte. Cela peut sembler rapide, mais L’Aura Noire est le « bourgeon » d’un univers plus vaste, le monde de la Terre Arcane, imaginé tandis j’attendais mon fils, il y a une quinzaine d’années. Depuis le temps, les personnages sont devenus mes « familiers » : je vis avec, je dors avec, j’en parle, je crois les voir au détour d’une rue… Et c’est un atelier d’écriture animé par celle qui allait devenir mon agent, Laure Pécher, qui m’a permis de m’atteler à la rédaction de l’histoire.


Dans ce livre de fantasy, tu évoques de nombreux thèmes : un univers post-apocalyptique dans lequel se mélange magie et écologie. Comment as-tu concilié tous ces éléments ? Est-ce difficile de créer un univers ?
Créer un monde ne pose pas de problème quand on est doté d’imagination : au contraire, c’est même jouissif. La difficulté consisterait plutôt à le mettre en forme. Consciente de mes lacunes, j’avais repéré un atelier d’écriture portant sur « Les techniques du roman » délivré par Laure Pécher, de l’Agence littéraire Astier & Pécher. Et c’est là que tout a commencé : j’ai pu acquérir du savoir et découvrir une communauté d’auteurs qui, depuis, sont devenus des amis très chers (et pour certains mes bêta-lecteurs, je rends d’ailleurs la pareille).
Quant aux thèmes développés dans les deux romans, ils me tiennent à cœur, notamment le respect de la Nature. Nous sommes de plus en plus nombreux sur cette planète, et si nous continuons à la souiller, notre sort ne sera peut-être pas différent de celui de la Terre Arcane. Savez-vous qu’avec le réchauffement climatique et la fonte des calottes glaciaires, le scénario catastrophe du basculement des pôles est plausible ?
Partant de là, il n’était pas difficile de songer que la Nature pouvait reprendre ses droits et les Arbres acquérir une conscience. L’idée est d’ailleurs dans l’air du temps, avez-vous lu le best-seller de Peter Wollenden : La vie secrète des arbres ? Vous seriez surpris par ce que vous pourriez découvrir !

Je reviens sur l’aspect magique de ton roman. Tu inventes tout un langage propre au monde des guérisseuses, avec des termes comme ringtrees, ringseys etc…
L’Aura Noire est d’abord l’histoire d’une apprentie-sorcière qui se prépare au Sabbat ! Ici, il n’est pas question de baguette magique – JK Rowlings l’a déjà fait avec le succès planétaire que nous connaissons.
Inventer une nouvelle forme de magie, quand on est auteure, est un privilège souverain. J’ai adoré imaginer les Ringtree, ces bracelets vivants dotés de conscience, avec lesquels mes 13 jeunes sorcières tentent de s’unir durant le Sabbat. Même en réussissant à traverser la Forêt Maudite, elles ne sont pas sûre d’en ressortir Ringseys - ou porteuses de Ringtree (mot au singulier même s’ils vont par paires), qui est la contraction de ring = anneaux, et tree = arbre.
L’idée que la magie soit tirée des forces élémentaires de la terre… me parle. Il existe une énergie qui fait tourner les mondes, couler la sève des arbres et nous donne le souffle de vie. Je me suis demandé ce que ça donnerait de pouvoir se connecter à ces forces. Comment fait un sourcier qui trouve un point d’eau ? Un rebouteux qui guérit une sclérose ? Et si nous pouvions aller plus loin dans cette symbiose, cela donnerait quoi comme nouveau monde ?
Dans cet univers où les sorcières toutes-puissantes ne cèdent le pas qu’aux reines et rois de ce monde, il était évident pour moi de leur prêter une magie tirant sa source de la nature, de la connexion avec ces forces primales qui permettent de revitaliser, soigner et guérir.

L’aura noire est un roman qui met en scène Louyse, une adolescente de 15 ans. De nombreux lecteurs ont évoqué que son langage les gênait, en comparaison au reste du texte. Que leur réponds-tu ?
Je suis bien contente que tu évoques ce sujet. C’était un parti-pris d’écriture de prêter ce langage ado très actuel à mes treize apprenties sorcières, en dépit du contexte économique « médiéval ». Comme l’histoire se situe 3000 ans après une apocalypse, pourquoi pas ?
Or les réactions du lectorat ont été tranchées : ou on adore, ou on déteste ! Ceux qui plébiscitent, ce sont d’abord mes très jeunes lecteurs. J’ai eu des retours enthousiastes d’élèves de collège qui ont vivement apprécié ces dialogues permettant une identification immédiate. L’autre partie de mon lectorat aurait préféré un registre de langage plus fondu avec une narration classique. Au final, j’ai eu autant de compliments que de critiques à ce sujet. Pour La Marque Rouge, j’ai choisi de ne pas soulever de polémiques, j’ai donc atténué cet aspect-là.

L’absence de visibilité et de médiatisation des lectures de l’imaginaire est un sujet qui touche de plus en plus  les intervenants de ce milieu. Quelle est ta position à ce sujet ?
2017 a été l’Année de promotion nationale des lectures de l’Imaginaire ! Grande lectrice, je suis la première à soutenir ce mouvement !
C’est pourquoi je suis honorée et touchée de figurer dans la sélection du PLIB : quelle idée géniale de lancer un prix décerné exclusivement par des bloggeurs et des booktubeurs. J’admire le travail important réalisé par cette communauté de passionnés qui véhicule la culture littéraire auprès de tous. Et il n’est pas question d’une élite intellectuelle : ça fait du bien J

D’ailleurs, il me semble que « L’aura Noire » était sélectionnée aussi pour d’autres prix ? Comment réagis tu en apprenant ces belles nouvelles ?
Je saute au plafond en criant de joie, je cours embrasser mon mari et mon fils et j’appelle tout de suite mes copines pour partager la nouvelle J Et ma mère , bien sûr… Ca, c’était quand j’ai appris que L’Aura Noire était sélectionnée pour le Prix Elbakin 2017 dans la catégorie « Meilleur roman français fantasy jeunesse ». Et je ne vous dis même pas quand j’ai su qu’il figurait dans la sélection du Prix Littéraire de l’Imaginaire 2018 J J J

Le tome 2, « La marque rouge » est sorti le 8 Février 2018. Avais-tu déjà bien avancé le roman avant de signer ce nouveau contrat ? As-tu des contraintes à respecter ?
Ce n’est tout à fait comme ça que ça se passe. Dans les contrats classiques d’édition, il y a une clause qui engage l’auteur à présenter 3 (ou 5) titres en priorité à l’éditeur avec qui il signe. Par exemple, après L’Aura Noire, je suis tenue de présenter à Scrineo mes prochains manuscrits. Pour autant, Scrineo n’est pas tenu de les publier s’il ne les aime pas. Mais j’espère bien qu’ils seront séduits par le troisième J  Ah oui, et au niveau des contraintes : Scrineo ne m’impose rien, c’est plutôt moi qui me motive pour ne passer laisser filer trop de temps entre deux romans.

Comment s’est passée ta recherche d’éditeur ?
J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un Agent Littéraire. Un agent vous représente auprès des maisons d’édition, gage que le texte n’est pas juste une esquisse. Laure Pécher donc, mon agent que j’adore, a confié le manuscrit de L’Aura Noire à Constance Joly qui est une éditrice free-lance (avec un super parcours chez de grands éditeurs) et spécialisée en Jeunesse et Young Adult. Et Constance a présenté le texte à Jean-Paul Arif, le fondateur de Scrineo, qui lui a tout de suite donné sa chance J

De nombreux « nouveaux auteurs » utilisent les plateformes comme WattPad ou fyctia, ou bien font partie d’une communauté telle que celle de Cocyclics… as-tu utilisé également ces outils d’écrivains ?
J’avoue que je ne suis absolument pas passée par ces plateformes. J’ai fait mes « armes » au sein de ma communauté d’auteurs, rencontrés lors des ateliers d’écriture. Nous sommes une petite dizaine. Après la fin des ateliers, nous avons continué à nous voir, à lire nos productions respectives, à les critiquer (dans un objectif constructif). Et nous nous aimons beaucoup. Entre nous, nous nous appelons « Les Ecriverons »… parce que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et en écrivant qu’on devient… écriveron !

Beau Néologisme ! Avec un tel univers à alimenter, as-tu le temps de lire ? Si oui, quelles ont été tes plus belles découvertes littéraires en 2017 ?
Je suis une dévoreuse de bouquins : lire me nourrit ! Mon gros coup de cœur de l’année 2017 est pour l’auteure Christelle Dabos, avec les deux tomes de La Passe-Miroir (j’ai commandé le 3ème tome pour la Saint-Valentin). Mais j’ai aussi découvert les auteurs Scrineo, tous talentueux et bardés de prix : Rod Marty, Aurélie Wellenstein, Estelle Faye, Carina Rosenfeld, Agnès Marrot, Cindy Van Wilder, Loic Le Borgne, et j’en oublie, pardonnez-moi. Un bouquin dédicacé de leur part, c’est quand même super émouvant !

Avant de terminer, où pourrons-nous te rencontrer en 2018 ?
2018 s’annonce en joie de ce côté-là ! Cela a commencé par la fête de lancement de La Marque Rouge à la Halle Saint-Pierre, à Montmartre le 20 janvier, qui a été un moment de pur bonheur.
Ensuite en février, je serai les 2, 3, et 4,  au Festival du Film Fantastique de Gérardmer, invitée à participer au Grimoire, en tant qu’auteure. Et je ferai une radio le samedi 3 février, sur le créneau de 14h à 15h, depuis la Médiathèque. La journaliste Marie-Ange Archambaud a choisi de m’interroger sur le thème du rapport des auteurs aux youtubeurs J

Sinon, mon agenda 2018 de salon n’est pas encore entériné. Je suis invitée sur des beaux salons, mais je ne peux pas le dévoiler avant les annonces officielles !
UPDATE
- 16 Mars à Livre Paris
- Du 13 au 15 Avril au Festival Le Livre à Metz 
- Du 24 au 27 Mai aux Imaginales

Sur quels réseaux sociaux peut-on te trouver ?
Je communique essentiellement par Facebook, j’ai commencé à échanger sur Instagram, et j’envisage d’ouvrir un blog d’auteur. Mais je suis encore en « apprentissage de communication ». Entre janvier 2017, date de sortie de L’Aura Noire, et janvier 2018, sortie de La Marque Rouge… se sont écoulés 12 mois d’une incroyable intensité : je pense qu’il me reste beaucoup à apprendre pour améliorer ma visibilité sur les réseaux J

Je te remercie infiniment d’avoir participé à cette interview, je te souhaite bonne chance pour le #PLIB2018 ainsi que pour la parution de ton dernier roman « La marque rouge ».
Merci de tout cœur, chère Petite Elfe, de m’avoir donné cette occasion de partage !

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