jeudi 30 mai 2019

BLE NOIR D'AURELIE WELLENSTEIN #CONTEMPORAIN





Lilian est membre d'un réseau de hackers engagé dans la défense animale. Sa mission du jour : dénoncer les mauvais traitements infligés aux animaux dans les grands parcs aquatiques. L'adolescent n'est pas peu fier de lui lorsqu'il voit le résultat de son piratage relayé par les réseaux sociaux ! Puis une rencontre... Celle de Blé, jeune fille enflammée et charismatique, prête à tout pour dessiner un monde plus juste et sans souffrance animale. Tombé sous le charme de la jeune fille, Lilian s'accroche à elle comme à la promesse d'un avenir meilleur. Mais Blé cache des plaies profondes, des brûlures à l'âme qu'il doute de savoir panser... Elle va pourtant lui montrer qu'il est capable d'aller plus loin, laissant derrière lui le confort de son quotidien. Ils se sont trouvés pour ne plus se quitter. Mais leurs idéaux sont brusquement rattrapés par les démons qui hantent la vie de Blé... Il faut fuir, et vite !



Cette année, Aurélie nous a réservé de belles surprises avec la publication de deux romans, tous deux traitant d'un de ses thèmes de prédilection : la protection animale.


Cependant, contrairement à Mers Mortes, Blé noir se focalise sur les animaux terrestres et les mauvais traitements subis. 

Nous suivons un bout de vie de deux activistes écologistes, tous deux engagés à différents degrés dans ce combat : Lilian, qui agit via le piratage informatique pour "buzzer" sur les réseaux sociaux et accompagner les internautes à s'éveiller à la cause animale en dénonçant les mauvais traitements, ou les conditions d'enfermement ; et Blé, qui agit plus dans l'action physique, à l'aide de graffitis ou autres mouvements (qui seront de plus en plus violents dans le récit).

Dès les premières pages, les personnages se rencontrent et vont rapidement s’entraîner mutuellement pour mener le combat ensemble. Lilian, qui est de nature introvertie, va se laisser influencer par Blé, qui au contraire de lui, est remplie de rage et de colère.

Ce récit est fort, poignant, tout d'abord par la psychologie des protagonistes (je reviendrai plus tard sur la cause animale). En effet, les deux héros s'opposent dans leur éducation et mode de vie, mais sont liés par les animaux. Lilian est équilibré, avec des parents qui lui donnent tout l'amour nécessaire pour forger sa confiance et son avenir, tandis que Blé, elle, souffre d'un manque d'amour parental. Elle comble ce manque avec son chien Kaiser, qu'elle a recueilli a la SPA. 

Le lecteur (en tout cas pour ma part) ressent vraiment sa solitude et sa détresse. Elle m'a particulièrement touché, car elle m'a rappelé une personne que je fréquentais au même âge, et qui d'ailleurs aujourd'hui est toujours instable et paumée, à cause de l'exclusion sentimentale qu'elle a vécu toute son enfance et jeunesse.... Blé est impulsive, dans l'action, elle fonce tête baissée et souhaite que ses combats soient exposés au JT ou dans les journaux pour permettre au gens de faire cesser ces mauvais traitements;

Lilian, lui est plus nuancé. J'ai aimé son traitement également, voir comme il se laisse porter par l'engagement que porte Blé, par son attirance pour elle. Par moment, je me suis arrachée les cheveux en me disant qu'il était complètement inconscient!!! mais finalement, peut être pas tant que ça. En tout cas, il représente bien cette phase de jeunes adultes où on teste ses limites. Par moment, il ne sait trop comment agir. Il a conscience qu'il blesse ses parents, mais il sait aussi qu'il doit passer par là pour se découvrir. Il m'a rappelé moi également durant l'une des années où j'ai du beaucoup éprouvé l'amour et la confiance de mes parents :) Avec cette rencontre, son avenir sera à jamais modifié et il se construira avec ces expériences.



Au niveau de la protection animale, les scènes dénoncées sont toujours violentes, mais je les ai trouvées moins dures à lire que dans Mers Mortes. Ici, Aurélie dénonce les corridas (l'histoire se déroule à Nîmes), et les abattoirs . J'ai été remuée par ce qu'elle écrit, mais pas autant que quand elle décrit la pêche intensive ou les marées noires dans son autre roman (peut être est ce lié au style d'écriture. Pour la parenthèse, dans Mers Mortes, l'autrice décrit ces scènes à la première personne, ce qui fait que le lecteur est totalement immergé dans la souffrance des animaux.)

Le rythme est super prenant, il n'y a pas un temps mort, il y a beaucoup de discussion, les pages se tournent super vite, et MENTION SPECIALE!!! Vu mon rythme de vie actuel (maman, maison, boulot, dodo.. Le quotidien de beaucoup de personnes quoi!) je lis très lentement. Or, là, j'ai lu vite, et surtout ce livre m'a tenu éveillé jusqu'à ce que je le termine!! (bon ok le lendemain, ca m'a piqué les yeux :))

En tout cas, je tiens à remercier Aurélie pour nous livrer toujours des récits aussi poignants et révoltants! Merci à Gulfstream d'avoir édité ce texte, qui je suis sûre, séduira de nombreux lecteurs et lectrices!


vendredi 3 mai 2019

COMMENT LE DIRE A LA NUIT, de VINCENT TASSY #FANTASTIQUE #PLIB2019


La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu'elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs. Elle l'enleva. Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d'amour et de nuit qui traverserait les siècles.

J'ai découvert Vincent Tassy en été 2017, avec son roman pour la jeunesse "Effroyable Porcelaine", paru chez les éditions du chat noir dans leur collection Chatons hantés. Livre que j'ai adoré, mais il me semble avoir oublié de le chroniquer :p 

Vincent Tassy a démarré sa carrière chez le Chat Noir avec le roman Aposthasie, que je possède dans ma PAL mais que je n'ai pas encore pris le temps de sortir. Et pourtant, je suis sure que je passerai également un excellent moment, tant l'écriture de cet auteur est sublime à lire!


Comment le dire à la nuit est un roman publié en septembre 2018, et qui a été nommé parmi les 5 romans finalistes du #PLIB2019 ! 


Je qualifierai ce roman d'Ovni! Il est super bien travaillé, tant au niveau du style que des caractères des personnages et de l'ambiance très brumeuse qui s'en dégage. 

Pas facile d'écrire un roman dont, telle l'épisode 3 saison 8 de game of thrones, se déroule uniquement de nuit? C'est le challenge qu'a relevé Vincent Tassy avec cette oeuvre. Dans ce récit, le lecteur est plongé dans plusieurs époques, partant rencontrer plusieurs protagonistes qui se retrouveront au fil de la lecture. 



"L'amour, c'est ça je crois, c'est toi, c'est avec toi. C'est dans tes bras, l'amour, c'est ton mystères et tes louanges, ton immensité ta splendeur, c'est ta lumière dans les ombres de ma tristesse, l'amour c'est mes lèvres sur toi, partout, c'est me nourrir de toi, te laisser à chaque instant me sauver du désir qui me tue, tomber en toi, moi par toi dévoré[...]"

C'est un roman gothique, qui ne laisse pas indifférent si tant est qu'on est sensible à ce genre (ce qui est mon cas)


C'est aussi, voire avant tout, une histoire d'amour éternelle, qui traverse les âges, les époques, les lieux.. Une histoire d'amour inconditionnelle entre une femme, appelée Athalie, et un homme : Adriel.


Mais c'est aussi la fascination de cet homme envers d'autres personnages : Carolina, Egmont, Leopold, qui par la magie de la nuit, va transformer le destin de ces protagonistes.

Et puis enfin, il y a Rachel, et Parascève, deux femme que tout oppose et qui par le hasard seront également liées à l'histoire...

Si je devais retenir un personnage, ce serait Rachel. J'ai aimé la façon dont elle se découvre, j'ai été touchée par sa timidité, sa pudeur. 

Cela dit, Adriel reste encore dans ma mémoire, et ce des semaines après avoir reposé le livre. A la fois effacé et très présent, c'est le fil rouge de toute l'histoire et c'est autour de lui que tout se joue. Je l'imagine encore avec ses longs cheveux blancs, dans le sable...

L'auteur approche ici un univers sombre, mystérieux, grâce a cette ambiance brumeuse et onirique. L'auteur ne cesse de rappeler à travers la vision de ses personnages que tout se déroule dans la nuit. J'aime cette ambiance, même si j'ai mis un bémol sur la dernière partie que j'ai trouvé suffocante, mais qui en même temps, peut évoquer le sentiment d'éternité.


En bref, à travers une plume élégante et gothique, Vincent Tassy entraîne le lecteur dans un univers onirique, où plusieurs personnages vont être destinés à se croiser, et ce, à travers les temps et les âges. Le roman apporte plusieurs surprises, ce qui m'a fortement plu! Même si j'ai aimé l'ensemble de l'oeuvre, j'ai tout de même ressenti une forme de lassitude vers la fin, qui m'a renvoyé au sentiment que ressent l'un des personnages principaux : l'éternité.
Comment le dire à la nuit est également une histoire d'Amour et de sacrifices.


Ayant voté sans avoir lu le roman, je suis ravie qu'il fasse partie des finalistes, car la plume de Vincent Tassy est vraiment à découvrir, et le #PLIB2019 peut lui permettre de rencontrer nombre de nouveaux lecteurs!