dimanche 1 mars 2020

Je suis ton soleil, de Marie Pavlenko



Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s'acharne à les dévorer. Mais ce n'est pas le pire, non.


Le pire, est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d'une inconnue aux longs cheveux bouclés ?



Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.



Je remercie vivement les éditions "J'ai lu", grâce à qui j'ai pu lire la version poche (la couverture est super fun d'ailleurs!)

Avant d'aborder le livre, j'ai apprécié ouvrir le colis dans lequel se trouvait le roman. "J'ai lu" prend soin de ses lecteurs (à mon plus grand plaisir!)
C'était un vrai unboxing, c'était super chouette! Dedans se trouvaient : un tote bag j'ai lu, des graines de coquelicots que nous planterons très bientôt, des décos en papier pour mettre dans des carnets d'écriture, un sachet de thé.... C'était vraiment chouette, MERCI !

Ce livre a tout simplement été un GROS COUP DE COEUR! Il est bouleversant, émouvant, met la tête à l'envers tellement il est empli de justesse dans les émotions et dans les traversées des personnages. Je me suis sentie à la fois proche de Debo, de sa maman, de ses amis, de son père... 

Je suis ton soleil raconte une tranche de vie durant une année scolaire, et pas n'importe laquelle : celle du Bac, celle de l'âge où on quitte l'adolescence pour devenir adulte, celle où on fête ses 18 ans, où on a soif d'indépendance et surtout, l'âge auquel le monde de Debo s'écroule sur de nombreux niveaux, à commencer le plan familial, lorsqu'elle découvre que son père a une maîtresse....

Tel un château de carte, Debo va se laisser sombrer, se renfermer, s'éloigner de sa meilleure amie Eloïse. Puis elle va être "repêchée" par Jamal, avec qui elle va se lier d'amitié et qui formeront rapidement un trio avec Victor, le beau gosse sur lequel Deborah craque... Mais qui est déjà en couple. 

L'évolution de Deborah est tellement réaliste, je suis certaine que 90% des lecteurs sauront se retrouver à un moment ou un autre dans ce qu'elle ressent et ce qu'elle traverse. On ne peut rester de marbre face à ce qu'elle vit, à ce moment de la vie où on est poussé à grandir et évoluer, à voir les choses autrement, à réaliser que sa maman ne va pas bien du tout, qu'elle sombre dans une dépression latente. On a envie que Victor se penche sur elle pour l'embrasser au détriment de son couple, car on voit bien qu'il y a plus que cela entre eux. On a envie de la voir s'amuser pour fêter ses 18 ans au lieu d'être témoin de ce qu'elle vit. J'ai été touchée par ce personnage car il est bien développé, bien cerné, et réel. 

J'ai aussi été énormément touchée par la maman, qui, comme évoqué ci dessus, sombre dans une dépression, et qui va avoir des mots (et des maux) qui m'ont totalement bouleversé et m'ont amené les larmes aux yeux en quelques secondes. Elle s'accroche à ce qu'elle peut et trouvera une sortie de secours et un nouvel élan dans sa vie. 


A côté de cela, on suit aussi la construction des autres personnages, les plus marquants étant Jamal et Eloïse.


Jamal est orphelin, vit chez sa tante Leila, est fasciné par les mygales qu'il apprivoise. Il est aussi en pleine explosion intérieure et va facilement dévoiler qui il est à Deborah. 


Eloise, elle, a un parcours bien différent. Elle ressemble beaucoup à la nana qui se la pète dans les couloirs du lycée, accrochée au bras de son mec trop canon, qui oublie sa bff aussi vite que le programme TV. Puis des évènements bouleversants vont se produire, qui vont à son tour la faire évoluer et donner un autre sens à sa vie. De ce moment, elle va se rapprocher de la mère de Debo, qui en aidant la jeune femme, s'aidera aussi dans sa propre reconstruction. 

Les messages sont beaux, les mots sont fluides, percutants, bouleversants. A de nombreuses reprises, je me suis retrouvée le mouchoir à la main, ou bien à éclater de rire.

C'est un roman contemporain frais, actuel, juste, que je relirai à coup sur au fil du temps (et peut être au fil des années de ma fille pour ne pas oublier que 17 /18 ans, c'est un âge où tout est bouleversé, les hormones en pagailles, et en plus, trouver sa voie pour le futur....pas facile cette phase).



Moi à 18 ans, je m'apprêtais à partir pour une année de BTS à Annemasse, où ce fut l'année de ma recherche de personnalité (l'ai je trouvé? je me pose toujours la question à ce jour) et  surtout l'année de "liberté" loin de mes parents, où je le reconnais, j'ai fait n'importe quoi, j'ai fréquenté de mauvaises personnes, j'ai fumé des joints, j'ai bu, j'ai séché les cours, je me suis fait voler pas mal d'argent pour la jeune adulte que j'étais. Cette phase, je l'ai voulue à l'époque, car je m'étais toujours sentie surprotégé par mes parents (Dieu que je les comprends à présent) et j'avais besoin de tester mes propres limites. Heureusement j'ai quand même rapidement trouvé le droit chemin car à l'amour de mes parents et à leur bienveillance et compréhension.



"Il sera avec Adèle. Il ira la chercher demain. L'embrassera demain. La caressera demain.
Je vais relire "Les fleurs du mal", histoire de me remonter le moral"

"Le sol tremble, les murs s'écroulent. Je suis un chagrin, une douleur, je suis une petite fille terrorisée par les ténèbres.Ma mère a voulu mourir. Elle a voulu m'abandonner pour toujours"

"Bonjour,
Nous informons notre aimable lectorat que les quatre dernières lignes de dialogues sont un pur fantasme de Déborah Dantes. Cette conversation n'a pas eu lieu dans la vraie vie. Nous reprenons  donc la vérité là où nous l'avions laissée, et prions notre aimable lectorat de nous excuser pour la gêne occasionnée"




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