mardi 21 avril 2020

YARDAM, d'Aurélie Wellenstein #SCRINEO




À Yardam, la folie est sexuellement transmissible.

La population est piégée par la quarantaine dans l'espoir d'endiguer l'épidémie.

Porteur du virus, Kazan se débat avec ses démons au point qu'il ne sait plus s'il les aime ou s'il les hait.

Le salut viendra-t-il de ce couple de médecins étrangers venus s'enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède au terrible mal qui s'étend entre ses murs ?




Après plusieurs semaines, je reviens sur ce roman qui, une fois de plus, ne m'aura pas laissé indifférente. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous devez savoir que je place Aurélie Wellenstein dans mon top des auteurs incontournables. Tout simplement parce que sur 5 romans lus, 4 ont été des gros coups de coeur et des grosses claques.

Aurélie Wellenstein arrive toujours à parler de ses thèmes de prédilections, en général, la défense des animaux, mais aussi le climat, ou la folie.

Dans Yardam, elle entraîne le lecteur dans un univers fantastique où un virus (sexuellement transmissible) se propage. Vous me direz, "tiens, voilà notre réalité". Et ce fut concrètement le cas puisque j'ai commencé ce roman le 15/03, deux jours avant le confinement... Au début, j'ai hésité à l'arrêter le temps de laisser passer la crise sanitaire dans laquelle nous sommes plongés. Mais c'était sans compter sur l'écriture très captivante de cette autrice et sur le fait que j'avais besoin d'en savoir plus et connaitre la destinée de ce personnage principal, Kazan, qui se veut plutôt être un personnage antagoniste.

Kazan est un homme d'une vingtaine d'années, qui est touché par le virus depuis plusieurs années. Au fil de la lecture, nous allons apprendre comment il l'a eu, et très rapidement, on connaît l'un de ses principaux symptomes : Les touchés entendent des voix dans leur tête, jusqu'à devenir fou. Ainsi, pas mal de personnes en sont venues à se suicider, comme cette homme qui se tue en pleine place centrale, bondée de gens. Kazan est un personnage comme j'aime les voir décrit par l'autrice. Complexe et ambigü. Le lecteur penchera tantôt vers l'empathie, tantôt vers l'incompréhension et la répulsion. Tout au long du récit, on apprend son passé, sa mentalité et son combat au quotidien. Son passe temps favori est le vol, et le roman débute lorsqu'il tente de voler une peinture célèbre dans un musée, et qu'il sera finalement attiré par un autre cadre, beaucoup plus sombre, mais très intriguant. Le symbole de ce tableau représente d'ailleurs un fil rouge à l'intrigue principale. Cependant, plus j'avançais dans le roman, plus je me prenais de sympathie pour Kazan, et plus j'avais envie qu'il trouve de quoi se soigner. Il va entreprendre une relation particulière avec deux personnes qu'il rencontre au début du roman.
Attention spoilers : La relation mise en place avec Nadja et Felix est tellement bien tissée! Je suis admirative de l'esprit d'Aurélie Wellenstein, j'ai vraiment aimé toute cette relation fusionnelle et à la limite de l'entendement.
Quand Nadja se retrouve bloquée dans la tête de Kazan, cette dernière va lui permettre d'acquérir des compétences médicales, et surtout lui permettre de ressentir tout l'amour qu'elle éprouve pour Feliks qui recherche un remède pour sauver sa femme, devenue une coquille... Et c'est au moment où Kazan lui avoue la vérité que toute la relation va devenir complexe, voire malsaine, et pourtant essentiel pour le traitement du thème de la folie. 

On peut considérer la ville de Yardam comme un personnage à part entière. J'ai parfaitement visualisé cette cité, et j'ai été prise aux tripes lors d'un des passages de fin (la course poursuite)


Quant à l'intrigue, elle est surprenante et imprévisible, certains passages m'ont complètement surpris et j'ai vraiment été happée par l'avenir de cette histoire. Sachant qu'Aurélie Wellenstein peut se montrer impitoyable, j'avais tous les sens en alerte!

Lorqu'elle m'avait dit à l'époque qu'elle écrivait un roman qui parlait de folie, j'étais très enjouée, surtout quand j'avais vu comment elle avait traité ce thème dans le Dieu Oiseau. Et bien ici, c'est une nouvelle fois maîtrisée. On se pose de nombreuses questions et jusqu'où cette folie ira. Est ce réel ou pas? Tout porte à le croire quand on découvre les coquilles qui errent en ville.


Une nouvelle fois, je tire mon chapeau à Aurélie Wellenstein, et la remercie pour m'avoir offert quelques instants haletants et intrépides dans la ville de Yardam!

Je remercie également les éditions Scrinéo pour l'envoi de ce service presse !


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